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  • Conférences/dédicaces 2020

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    Pour répondre à plusieurs demandes, voici mon agenda connu à ce jour de mes conférences et/ou dédicaces en 2020.
    Au plaisir de vous croiser sur la route :-)

    En raison de l'épidémie de coronavirus, nombre d'événement ont hélas été annulés ou reportés.

    • 13/03 : Conférence au Repas Ufologique de Tours reportée
    • 4/07 : Conférence Ufo à Valensole en suspens
    • 1/09 : Conférence Histoire et Mystère de l'Aude, domaine de la Salz à Sougraine à confirmer
    • 14-15/11 : Congrès ufologique de Montpellier
    • 27-29 novembre 2020 : Rencontres du Mystère et de l'Inexpliqué (BTLV) à Lyon

    + printemps 2021 à Sarlat (Dordogne).

    et vous pouvez aussi me retrouver sur BTLV pour des Libres Antennes ainsi que tous les mois pour un dossier inexpliqué.

  • Le dernier signe du lieutenant Murphy

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    C'est une histoire vraie, celle d'une incroyable synchronicité, qui est arrivée à la famille Murphy endeuillée par la perte de leur fils Michael. C'est aussi l'histoire d'un héros.

    Aimé et respecté de tous, Michael Murphy était un militaire américain, titulaire du grade de lieutenant dans l'unité des SEALS, la principale force spéciale de la marine de guerre américaine (la fameuse US Navy).
    En 2005, il fut envoyé dans les montagnes d'Afghanistan, pour y diriger une mission de reconnaissance chargée de recueillir des informations sur un chef terroriste local.

    Mais son équipe de quatre hommes et lui ne purent mener leur mission à son terme. En effet, ils furent attaqués par des éleveurs de chèvres locaux qui indiquèrent ensuite leur position aux talibans.
    Les cinq soldats se sont retrouvés alors dans un combat terrible avec des troupes ennemies plus nombreuses.
    Dans le feu de l'action, le lieutenant Murphy s'est exposé au feu ennemi pour envoyer un message radio à son quartier général et obtenir de l'aide. Hélas, il a été mortellement blessé.

    main-qimg-9b26986e2bc61335d439279145fed72b[1].jpgLe sacrifice de Murphy du 28 juin 2005 pour que ses hommes aient une chance de survivre a valu au soldat la Medal of Honor décernée à titre posthume par le président G.W. Bush le 22 octobre 2007, la première remise depuis la guerre du Vietnam. De nombreux sites (rues, parcs, etc.) portent désormais le nom de Murphy aux Etats-Unis.
    D'ailleurs, peut-être que vous connaissez cette histoire, qui a donné lieu en 2013 au film "Lone Survivor" ("Du sang et des larmes" en français) de Peter Berg avec Mark Wahlberg et Eric Bana.

    Mais c'est lors de ses funérailles au cimetière national de Calverton le 13 juillet 2005 qu'il s'est passé un événement inattendu. Après la cérémonie, Dan et Maureen Murphy, dévastés par le chagrin, étaient en train de regagner leur véhicule.
    Soudain, le téléphone de Maureen a bipé. Elle n'avait pas la tête à consulter son téléphone à ce moment-là mais par réflexe, elle a quand même regardé l'écran. Elle a vu qu'elle venait de recevoir un message, qu'elle a ouvert...

    “Momma, home safe and sound. Mike”

    (Maman, à la maison, sain et sauf. Mike)

    Les mains de Maureen se sont mises à trembler. D'émotion, elle a lâché son téléphone qu'elle a ramassé ensuite. Le message était toujours là. Elle l'a montré aussitôt à Dan pour qu'il constate son existence. L'un et l'autre se sont alors tournés l'un vers l'autre et se sont souri malgré leur chagrin.

    Le SMS de Murphy ne venait pas de l'au-delà, du moins pas directement. Au fil des années, le militaire avait pris l'habitude d'appeler ou de texter ses parents à chaque fois qu'il arrivait à une nouvelle destination, c'était sa manière à lui de leur faire savoir que tout allait bien de son côté.
    Et, vérification faite, il a bien émis le SMS qu'a reçu sa mère, mais plusieurs mois auparavant alors qu'il arrivait à son lieu d'affectation à Hawaï.

    Ce qui demeure inexpliqué, c'est pourquoi ce SMS a mis autant de temps pour être envoyé et par quelle coïncidence il est parvenu à sa destinataire à un moment aussi douloureux, avec un message qui prenait instantanément une nouvelle signification.
    Quoi qu'il en soit, Dan et Maureen Murphy, fervents catholiques, ont interprété cet ultime message comme le signe que leur fils était bien arrivé dans son foyer éternel.

    Cette histoire a été racontée dans un documentaire consacré à Michael Murphy intitulé "Murph the Protector".

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • L'étrange personnage de Bourtourault

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    Voici une curieuse histoire, trouvée par hasard lors de recherches sur tout autre chose, qui a été publiée dans L'Ouest Eclair du 10 avril 1910 dans un court paragraphe intitulé "Un village hanté !"

    Melle.JPG

    Encore un petit village très tranquille, Mellé (Ile-et-Vilaine), dont la carrière des Beurrières a fourni les pierres en granit du pont Alexandre-III à Paris.
    A l'ouest de cette localité, dans un hameau nommé la plaine de Bourtourault (orthographié Bourtoureaux dans l'article de l'époque), il y eut début avril 1910 une agitation inhabituelle.
    L'Ouest Eclair raconte que depuis huit jours, la jeune servante de M. Juvigné (le propriétaire du hameau ou d'une des maisons, ce n'est pas précisé) a remarqué la présence d'un étranger rôdant dans les environs, tantôt habillé en homme ... et tantôt en femme.

    Cet étrange personnage, aux allures bizarres, demandait à parler à M. Juvigné mais prenait toujours soin de s'éclipser au moment où quelqu'un (Juvigné ou l'un de ses voisins) faisait son apparition.
    La servante s'inquiéta de ces apparitions qui reprenaient chaque jour à la nuit tombée. Elle raconta l'histoire aux villageois qui, convaincus de sa sincérité, s'en effrayèrent au point de s'armer aussitôt de fourches, de faux et de fusils.
    Depuis peu, précise l'article, ils montent la garde à tour de rôle. Mais le "fantôme", pas né de la dernière pluie à l'évidence, attend toujours que les sentinelles soient allées se coucher pour faire une apparition fugace.
    L'Ouest-Eclair indique enfin que "l'aventure n'est point finie" et que dans le reste de la commune, on ne prend pas l'affaire au tragique...

    Mon commentaire
    Les informations sont trop parcellaires et lointaines pour pouvoir se prononcer sur ce qui ressemble à une anecdote de l'étrange.
    Qui a vraiment vu ce personnage fantôme hormis la servante ? A quoi ressemblait-il vraiment ? Comment s'est terminée cette histoire ? Cet endroit était-il réputé pour des phénomènes inhabituels ou inexpliquées ?
    On l'ignore. Je n'ai pas trouvé d'autre article ou de chronique prolongeant le récit de ce cas et nous donnant le fin mot de l'histoire.

    Apparemment, le "fantôme" parlait puisqu'il a formulé le souhait de voir M. Juvigné, ce qui ferait quand même pencher pour un personnage humain.
    Le fait que l'apparition soit habillée soit en homme, soit en femme est plutôt étonnante. Je ne connais pas de témoignage sur des fantômes qui changeraient de costume au gré de leurs envies...  Y-a-il eu méprise de la part de la jeune servante ?
    Il aurait fallu c'est vrai, en savoir davantage sur celle-ci, sur sa personnalité. Etait-elle imaginative, convaincante au point de pouvoir déclencher une mini hystérie collective autour d'elle ?
    Si quelqu'un dispose de détails complémentaires sur cette histoire du début du XXème siècle, je suis preneur !

    Sources

    • L'Ouest Eclair, "Un village hanté", 10 avril 1910.
    • Mellé, fiche Wikipedia.

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Que s'est-il passé à Ansacq en 1730?

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    Map_commune_FR_insee_code_60016.pngVoici une histoire tombée dans l'oubli mais hautement curieuse qui eut pour théâtre au XVIIIème siècle la petite localité d’Ansacq. Celle-ci est située dans le département de l’Oise, à 23 km à l’est de Beauvais et à 54 km au nord de Paris. Aujourd'hui, elle compte environ 280 habitants, c’est-à-dire à peu près autant qu’il y a 300 ans, au moment des faits. 

    Le phénomène eut lieu précisément en 1730, et pas une fois mais à trois reprises au moins !

    Cette année-là – nous sommes sous le règne de Louis XV – le village d’Ansacq va être le témoin d’un extraordinaire événement qui demeure inexpliqué à ce jour. Il aura lieu dans la nuit du 27 au 28 janvier 1730, puis se reproduira dans la nuit du 9 au 10 mai, et enfin le 31 octobre, entre neuf et dix heures du soir, toujours en 1730.

    Le curé de Saint-Lucien d’Ansacq va s’investir longuement dans cette histoire et va mener une véritable enquête "à la X-Files". Treuillot de Stoncourt, c’est son nom, est un homme d’Eglise, docteur en théologie, de mentalité plutôt sceptique. Les superstitions, la magie et autres fariboles, ce n’est pas son truc. Mais il n'ignore pas que ses ouailles ont été élevées dans la croyance que les sorciers, le sabbats et les manifestations diaboliques font partie de notre réalité. 

    Ansacq.jpgLe prêtre va cependant prendre le temps de rencontrer les témoins, de les interroger longuement et de réunir leurs récits. Dérangé par l’étrangeté du phénomène et l'évidente sincérité de ses paroissiens, il rédige une sorte de « procès-verbal » et l’envoie au Mercure de France, l’une des grandes revues sérieuses de l’époque. Son texte sera publié en décembre 1730. Et c’est grâce à lui que cette histoire étrange nous est parvenue.

    Alors que raconte notre curé de Saint-Lucien d’Ansacq ?              

    Durant ces nuits-là, en janvier, en mai et en octobre 1730, un grand nombre de témoins, dignes de foi, affirment avoir entendu dans le ciel «une multitude prodigieuse comme de voix humaines de différents tons, grosseurs et éclats, de tout âge, de tout sexe, parlant et criant toutes ensemble, sans néanmoins que ces particuliers aient pu rien distinguer ce que ces voix articulaient ».

    Le prêtre ajoute dans son rapport que parmi cette confusion de voix, certaines poussaient des "cris lugubres et lamentables, comme des âmes en peine", d’autres des cris de joie, comme si des gens s’amusaient. Et plusieurs témoins affirment avoir clairement distingué les sons de différents instruments de musique s'ajoutant au tintamarre.

    Voici quelques témoignages édifiants parmi la bonne quinzaine qu’a recueilli le prêtre. D’abord celui, dans la nuit du 27 au 28 janvier, du laboureur Charles Descoulleurs et de son frère François, qui revenaient de Senlis. Ils n’étaient arrivés que vers deux heures du matin près du parc d’Ansacq. Ils s’entretenaient de leurs affaires lorsqu’ils furent "interrompus par une voix terrible, qui leur parut éloignée d’eux d’environ vingt pas ".

    A ce moment-là, une autre voix semblable à la première répondit de l’autre extrémité du village et, sitôt après, d’autres voix se firent entendre entre les deux premières. Charles Descouleurs a raconté qu’il n’a pas pu comprendre leur jargon mais qu’il a clairement reconnu «des voix de vieillards, de jeunes hommes, de femmes ou de filles et d’enfants, et parmi tout cela les sons de différents instruments».

    Ansacq_(60),_GR_124_à_l'ouest_du_village_1.jpgPour lui, certains des sons venaient de très haut dans le ciel, d’autres étaient à hauteur d’homme, quelques-uns semblaient même sortir de sous la terre. Les deux hommes étaient des campagnards, familiers des bruits nocturnes de la nature et, clairement, ce n’étaient pas des cris d’oies sauvages, de canards, de hiboux, de renards ou de loups.
    Ce vacarme a duré une bonne demi-heure et les deux frères avaient du mal à s’entendre en parlant très fort.
    Puis, selon eux, tout s’est arrêté par "une salve d’éclats de rire, comme s’il y eût eu trois ou quatre cents personnes qui se missent à rire de toute leur force ". Il faut préciser que ce soir-là, les deux frères étaient à jeun.

    On pourrait néanmoins se dire qu’ils ont halluciné, mais la même nuit, Louis Duchemin, un marchand de gants, et Patrice Touilly, un maître maçon, qui se rendaient à Beauvais pour y être à l’aube, se trouvèrent vers deux heures du matin au-dessus de la côte opposée à celle où étaient les frères Descoulleurs à la même heure.
    Et eux aussi entendirent le même boucan, au point que, saisis de peur, ils songèrent à revenir sur leurs pas. Sauf qu’il aurait fallu passer à l’endroit où ces voix se faisaient entendre, donc, peu rassurés, ils préférèrent poursuivre leur voyage en s’en éloignant. Ils entendirent ce qu’on allait nommer plus tard la « troupe aérienne » pendant une demi-lieue de chemin, deux bons kilomètres donc, de plus en plus faiblement ensuite.

    Un autre Descoulleurs, Claude, ancien pensionnaire de feu le duc d’Orléans, entendit le bruit au mois de janvier. Mais, je cite encore le curé, « comme il faisait froid, il ne s’était pas levé. (…) Le bruit était si grand et si extraordinaire que quoi qu’il fût bien enfermé, il n’avait pas laissé d’être effrayé et de ressentir dans toutes les parties de son corps un certain frémissement, en sorte que ses cheveux s’étaient hérissés ".
    Au mois de mai, le même Descoulleurs entendit encore les bruits qui l’éveillèrent en sursaut : "Il s’était levé sur-le-champ, mais, tandis qu’il s’habillait, la troupe aérienne avait eu le temps de s’éloigner, en sorte que quand il fut dans sa cour, il ne l’avait plus entendue que de loin et faiblement ".
    Claude Descoulleurs a comparé le bruit à celui produit par la foule dans une foire, dans les halles de Paris un jour de grand marché ou encore celui qu’on entend dans les salles du palais avant l’audience, avec, en plus, les sons des violons, des basses, des hautbois, trompettes, flûtes, tambours, etc. Comme un énorme brouhaha avec des notes de musique.

    Alexis Allou, le clerc de la paroisse d’Ansacq, lui, crut qu'un incendie s'était déclenché dans le village d'Ansacq. Il s’est levé précipitamment puis, prêt à sortir, il a entendu "passer devant sa maison une multitude innombrable de personnes, les unes poussant des cris amers, les autres des cris de joie, et parmi tout cela les sons de différents instruments", il fut saisi d’un frisson de peur et a préféré se recoucher.

    Ansacq_(60),_Grande_Rue_1.jpgOn dispose aussi des témoignages similaires des laboureur Nicolas de La Place et Nicolas Portier, et du garçon marchand Antoine Le Roi, qui ont raconté, je recite le curé d’Ansacq : "le bruit était si grand et si affreux que leurs chiens qui étaient couchés dans la cour pour la garde de la maison, en avaient été tellement effrayés que, sans pousser un seul aboiement, ils s’étaient jetés à la porte de la chambre de ladite maison, la mordant et la rongeant comme pour la forcer, l’ouvrir et se mettre à couvert".

    Le curé d’Ansacq mentionne encore de nombreux témoignages qui concordent tous et surtout il avoue sa perplexité. Il n’a aucune explication à avancer pour ce phénomène extraordinaire et donc voudrait bien en obtenir une. Il écrit : "Serait-il possible que tant d’oreilles eussent été enchantées, pour ainsi dire, pour croire entendre ce qu’elles n’entendaient pas ? C’est ce que je ne saurais jamais m’imaginer…»

    Ce qui est intéressant, c’est qu’après la publication du texte du prêtre, un homme de lettres ayant une charge dans la justice de la ville voisine de Clermont racontera que lui aussi, une nuit qu’il traversait le village d’Ansacq pour s’en retourner à Clermont, la ville voisine, il a entendu ce bruit formidable dans le ciel... mais c’était quinze ans plus tôt, en 1715, l’année de la mort de Louis XIV ! A l’époque, il n’avait rien dit de peur qu’on le prenne pour un «visionnaire», une sorte de sorcier voyant.

    Quelle interprétation ?

    Ce n'est pas évident de proposer une explication rationnelle à ce fait de nature merveilleuse. On sait que le concept d’hallucination collective est une vue de l’esprit et les témoins racontent tous peu ou prou la même chose. Il n’y a pas non plus de phénomène météorologique connu qui produise ce genre d’effets.

    C’est d'ailleurs un phénomène assez unique en son genre. Uniquement sonore, puisqu’il n’a pas été accompagné de lumières, d'éléments matériels ou d’odeurs particulières. Une énorme illusion auditive, mais qui semble se déplacer alors que les témoins ne bougent pas… et dont les fréquences terrifient les animaux, au moins les chiens. Mais, une fois le phénomène disparu (d'ailleurs, il ne s'est jamais reproduit), les humains n’ont pas noté de séquelles, de troubles quelconques…

    Le seul rapprochement que je pourrais faire, c’est avec l’illusion sonore des deux Anglaises en 1951 à Dieppe qui avaient entendu toute une nuit le vacarme du raid militaire meurtrier qui s’était déroulé... neuf ans plus tôt (voir mon livre "Affaires Etranges", chapitre 15).
    Est-ce possible que par un mécanisme totalement inconnu, les habitants d’Ansacq aient pu entendre les sons soit d’un événement à distance, soit d’un lointain passé ? Pour ce que l’on en sait, il n’y avait aucun événement aussi bruyant avec autant de monde, en pleine nuit, à des lieues à la ronde? Aucun témoin n'a parlé non plus de vents qui auraient pu porter le son sur une longue distance....
    Alors, les réminiscences d’un événement historique d'un lointain passé ? Une bataille antique ? Mais laquelle mêlerait des rires, des gémissements et de la musique ? Et aussi fort et aussi longtemps ?

    Pour conclure, il faut souligner la démarche rigoureuse de Treuillot de Stoncourt, le curé, qui s’est bien assuré que la plupart des témoins n’entretenait pas de relations entre eux et qu’ils n’avaient pas fomenté une sorte de tromperie pour le ridiculiser, voire se ridiculiser eux-mêmes.
    Et l'homme d'Eglise a pris soin, avant d’envoyer son texte au Mercure de France, de le soumettre à quelques connaissances éclairées et érudites de l’Académie des Sciences. C’est plutôt atypique à une période où l'on met encore les phénomènes inexpliqués sur le dos du Diable. Il invente même un néologisme pour désigner ce phénomène qu’il baptise « akousmène » (l’histoire n’a pas retenu ce terme, on pourrait le réhabiliter).
    Selon lui, les akousmènes sont des phénomènes sonores qui ne peuvent être entendus que dans une zone limitée et que par quelques personnes seulement. En tout cas, comme nous, il n’a pas reçu d’explication satisfaisante sur la nature et la cause de ce phénomène merveilleux.

    Sources :

    • Le Mercure de France, décembre 1730.
    • Revue Spiritualiste, 2ème livraison, 1862.
    • Guide de l'Ile de France Mystérieuse, Les Guides Noirs Tchou, 1968.

    J'ai raconté cette histoire lors d'un live BTLV en avril 2020.

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  • Les naufragés qui s'ignoraient...

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    C'est l'histoire incroyable de deux groupes de naufragés qui ont survécu en même temps, sur la même île, mais en ignorant totalement l'existence l'un de l'autre !

    François_Edouard_Raynal_A.Quinet_BNF_Gallica.jpgCelui qui a raconté cette aventure dans un récit autobiographique est aujourd'hui un peu oublié : François-Édouard Raynal, un navigateur, écrivain et fonctionnaire français. Né le 8 juillet 1830 à Moissac (Tarn-et-Garonne), il a dû exercer divers métiers après la ruine de son père juriste en 1844 : mousse sur un trois-mâts, régisseur de plantation à l'île Maurice à 19 ans, chercheur d'or en Australie à 22 ans, etc. En tout, il a sillonné pendant 23 ans les mers australes avant de revenir en France pour y devenir... fonctionnaire aux impôts.

    Le 12 novembre 1863, Raynal est à bord de la goélette Grafton qui quitte le port de Sydney. Mais son expédition à l'île Campbell s'avère infructueuse : ni mine d'étain argentifère comme escompté, ni phoques. Aussi le navire de 56 tonnes fait route vers les îles Auckland, des terres inhabitées à environ 480 kilomètres au sud de la Nouvelle-Zélande.

    Auckland_islands_topo.pngLe naufrage de la Grafton
    Le 31 décembre 1863, la goélette Grafton entre dans Motu Maha, le détroit des îles Auckland au nord de l'île Adams mais dans la nuit du 2 au 3 janvier 1864, le bateau est drossé contre les rochers du fjord Nord de Carnley Harbour dans la principale île de l'archipel.
    Cinq naufragés réussissent à atteindre la terre ferme et à récupérer quelques objets, des vivres pour deux mois, des armes et un canot. Ils sont tous de nationalité différente : le capitaine américain Thomas Musgrave, le marin norvégien de 28 ans Alexandre McLaren (Alick), le marin anglais George Harris (20 ans), le cuisinier portugais Henri Forgés (23 ans) et le français François Raynal.

    The-crew-of-the-Grafton-Source-Raynal-1892.pngSurvie
    Très vite, les cinq infortunés réalisent que d'éventuels secours ne viendront pas avant plusieurs mois. C'est pourquoi ils entreprennent de bâtir une cabane capable de résister aux ouragans de la zone subantarctique. Ils baptisent cette hutte d'un nom indien, Epigwaitt.
    Pour se nourrir, les naufragés devront se contenter de lions de mer, leur présence ou absence saisonnière décidant des périodes d'abondance ou de disette. Et leur menu sera complété par des oiseaux de mer, des moules et des poissons.
    Sur les îles Auckland, peu d'espèces végétales sont comestibles. Raynal réussira quand même à produire une bière buvable à partir de rhizomes locaux.

    Le capitaine de la Grafton, Thomas Musgrave, va rédiger avec ses compagnons d'infortune une véritable constitution pour régir leur vie de naufragés. La solide expérience de François-Édouard Raynal, qui a été chercheur d'or pendant 11 ans en Australie, se révèle précieuse. Grâce à lui, on réussit à fabriquer du ciment avec des coquillages, du savon et même des bottes et des vêtements en tannant des peaux de phoque. Le même Raynal racontera plus tard les affres endurées à cause des insectes de l’archipel, notamment les mouches noires.

    Délivrance
    Une année passe... Les cinq naufragés doivent se rendre à l'évidence : personne ne viendra les sauver. Ils doivent donc se tirer d'affaire seuls. Raynal convainc alors ses compagnons de construire une barque pontée sur la base du canot de la Grafton.
    Launching-the-Rescue-Source-Raynal-1892.pngPour cela, il s'agit d'abord de construire une forge équipée d'un soufflet en peaux de phoque, pour transformer les pièces métalliques récupérées sur l'épave en divers outils. C'est Musgrave qui fera les voiles à partir de celles récupérées sur les restes de la goélette.

    La barque est achevée mais elle ne peut contenir que trois des cinq naufragés. Finalement, le 19 juillet 1865, un an et demi après le naufrage, Musgrave, Raynal et Alick quittent l'île sur leur embarcation de fortune et parviennent au prix d'une traversée très périlleuse à rallier l'île Stewart à 450 km au nord. De là, ils peuvent rejoindre Invercargill au sud de la Nouvelle-Zélande et à peine arrivés, le capitaine Musgrave pilote lui-même l'expédition de sauvetage à bord d'un petit navire, le Flying Scud. Il arrive à temps pour sauver les deux autres naufragés d'une inanition inexorable.

    Thomas_G._Purvis_-_Invercauld.jpgLes "autres"
    Mais le plus extraordinaire sans doute, dans cette histoire, c'est que quatre mois après le naufrage de la goélette Grafton aux îles Auckland, un autre navire, l'Invercauld avait aussi fait naufrage mais... à l'autre extrémité !
    Le 11 mai 1864, l’Invercauld s'échoua sur les rochers de la pointe nord-est de la même île Auckland. Des vingt-cinq membres de l'expédition, six se noyèrent.
    Les survivants s'en tirèrent moins bien que ceux de la Grafton. Des dix-neuf naufragés restants, trois seulement furent recueillis vivants le 20 mai 1865 par le brick espagnol Julian qui les conduira à Valparaiso, au Chili. Auckland2.jpgIls furent donc sauvés trois mois avant les 5 naufragés de la Grafton par un navire que ces derniers ne virent jamais !

    Et ce qui laisse stupéfait, c'est que, malgré les 12 mois passés en commun sur l'île, les deux groupes de naufragés, qui ignoraient leur existence réciproque, n'ont jamais établi de contact entre eux, alors qu'ils étaient séparés d'à peine... une vingtaine de kilomètres !

    Postérité
    D'autres naufrages eurent lieu sur les îles Auckland, comme celui du Général Grant en mai 1866: sur les 25 membres d'équipage et 58 passagers, dix survivants seront ramenés par le Amherst en novembre 1867.
    Le capitaine de la Grafton, Thomas Musgrave, racontera son aventure en 1866 sous le titre "Castaway on the Auckland Isles" et François-Edouard Raynal fera de même en 1870 dans un livre intitulé "Les Naufragés, ou Vingt mois sur un récif des îles Auckland".
    FMIB_50706_Remains,_of_the__Grafton__Wreck,_Carnley_Harbour,_Auckland_Islands.jpgRécompensé par un prix de l'Académie française en 1874, le récit de Raynal est devenu, jusqu'à la Première guerre mondiale, le livre préféré des distributions de prix en fin d'année scolaire. Il a été réédité à de nombreuses reprises depuis.

    Revenu sur la terre ferme pour y occuper un poste dans l'administration fiscale, Raynal s'éteindra le 28 avril 1898 à Valence d'Agen.

    Du naufrage lui-même, il reste des noms aux îles Auckland : la baie Musgrave, le mont Raynal (644 m) et la pointe Raynal au sud d'Epigwaitt... Dans les collections du Museum of New Zealand à Wellington se trouvent des photographies (dont celles en noir et blanc qui figurent sur cette page), un morceau de la quille et deux boîtes.
    Wreck 1.JPGF.E. Raynal a également offert divers objets à la bibliothèque de Melbourne : une paire de bottes en peau de phoque, une aiguille à voile en os d'albatros, des soufflets de forge en peau de phoque. Enfin, une plaque commémorative a été apposée dans une rue du quartier Saint-Benoît de Moissac.

    Jules Verne
    Ce qu'on sait moins, c'est que le romancier scientifique français s'est inspiré du récit de Raynal pour son roman "L'Oncle Robinson" écrit en 1872-1873, d'abord refusé puis repris sous le titre "L'Île mystérieuse" en 1874. Raynal y est mentionné et les naufragés de l'air de Jules Verne sont cinq et de nationalité différente comme les naufragés de la Grafton...

    Le naufrage raconté dans le Sydney Mail du 7 octobre 1865

    Map-of-the-Epigwaitt-site-showing-the-on-shore-fragments-of-the-Graftons-hull-The-main.png

    The-section-of-the-Grafton-hull-found-on-the-beach-in-2002-Scale-05-m-Photo-Peter.png
    Les restes de l'épave de la Grafton en 2002

    Crédits photos noir et blanc :

    Wreck of Grafton, Epigwaitt, Auckland Islands, circa 1888, Auckland Islands, by William Dougall, Burton Brothers studio. Purchased 1943. Te Papa (C.010536)

    The site of Epigwaitt hut, c. 1907, taken during the Canterbury Philosophical Institute's Scientific Expedition to the Auckland Islands in 1907. Source: Auckland Weekly News, 2 January 1908; Sir George Grey Special Collections, Auckland Libraries, AWNS-1908010215-1.

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  • Rencontre du 3ème type... en 1920 ?

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    C'est l'ufologue Joël Mesnard, éditeur entre 1988 et 2014 de la revue Lumières dans la Nuit, qui a rapporté ce témoignage étonnant. En 1973, il a recueilli en Dordogne le récit de Mesdames Louise Talbot et Marie Boussarie. 53 ans plus tôt, en 1920, ces deux personnes étaient les soeurs Grasset et elles ont vécu une aventure dont elles ont conservé un souvenir vivace.

    Si la date précise s'était perdue dans les limbes de leur mémoire, elles se souviennent que c'était de nuit à la belle saison, certainement un samedi ou un dimanche soir. Avec d'autres jeunes gens de leur âge, elles revenaient d'un bal de campagne et rentraient chez elles, au lieu-dit La Boucherie.

    Les deux soeurs ont rappelé à Joël Mesnard qu'à l'époque, il y avait encore beaucoup de jeunes dans les campagnes et que les soirs de bal étaient une distraction très prisée. Dans les zones isolées de Dordogne, les véhicules motorisés étaient très rares, donc tout le monde circulait à pied, le long de petites routes semblables à des chemins.

    La Lègerie 2.JPGLes deux soeurs Grasset marchaient donc la nuit avec quelques autres amis. Ils se trouvaient entre Samoulies (ou Chamouilley) et la Lègerie, près de Nontron.
    Peu avant de rejoindre La Lègerie, le petit groupe s'engagea dans une côte quand soudain, dans le ciel au-dessus d'un bois, à une distance que les soeurs estimèrent entre cent et deux cent mètres, les jeunes gens assistèrent à un spectacle hors du commun : plusieurs créatures de petite taille se déplaçaient dans les airs, et émettaient des sonorités musicales. Comme l'on dit les deux soeurs, on voyait "leurs petites jambes qui bougeaient... Elles étaient environnées de boules lumineuses et de lueurs donnant à l'ensemble un aspect féerique".

    Joël Mesnard précise qu'il n'a pas été possible, en 1973, de retrouver les autres témoins. Selon lui, la jeune Louise, âgée de 16 ans, n'a pas prêté plus d'intérêt que ça à l'apparition. Mais sa soeur Marie, "plus imprégnée d'éducation religieuse", l'aurait interprétée comme une apparition angélique.

    Mon commentaire

    C'est un témoignage intéressant car les observations de phénomènes aériens inconnus sont très rares dans les années 1920. Joël Mesnard lui-même avait rencontré un témoin sur une affaire de... 1919 (le témoin avait 13 ans à cette époque, 67 ans en 1973). Certes, il est question de boules lumineuses. Pour autant, peut-on vraiment parler d'ufologie ? Hormis les énigmatiques créatures, les témoins n'ont pas vu d'objet volant s'apparentant de près ou de loin à un ovni.

    Etang La Lègerie.JPGSur le témoignage lui-même, il est forcément lacunaire au regard du grand âge des témoins qui racontent une histoire survenue 53 ans plus tôt... Les détails font défaut : combien de temps a duré l'observation ? Les témoins ont-ils tous vu la même chose ? Se sont-ils approchés ? Avaient-ils bu à la soirée de bal ? A l'époque, avaient-ils une bonne vue ? etc.
    Les deux soeurs affirment avoir vu les "jambes des petites créatures", de nuit, à une distance supérieure à cent mètres. Est-ce plausible ? Les "créatures" en question ne faisaient-elles pas des mouvements ondoyants laissant imaginer qu'elles avaient des "jambes" ?

    Sur la zone, quelques précisions après vérification sur Google Maps : la "rencontre" se serait faite en réalité entre les lieux-dits Les Simoulies et la Lègerie, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Nontron. Nous sommes sur le territoire de Pensol, en Haute-Vienne. Il y a bien un chemin entre ces deux petits hameaux. Les deux soeurs rentraient chez elles plus au sud à la Bucherie (et non à la Boucherie). Cela n'apporte pas grand chose à l'interprétation, j'en conviens, juste un peu de précision.
    En revanche, sur la carte de la zone, j'ai remarqué la présence entre Les Simoulies et la Lègerie de deux étangs, dont l'un est longé par le chemin qu'ont emprunté les deux soeurs.

    J'émets donc l'hypothèse, et cela ne reste qu'une hypothèse, que les deux soeurs et leurs amis auraient peut-être vu, non pas des créatures féeriques mais simplement... des feux follets.

    Tulilautta3.jpgDécrit depuis longtemps (mais peu étudié et très rarement filmé), le feu follet est une manifestation lumineuse, due à l'émanation de gaz et ayant l'apparence d'une petite flamme sans fumée qui ne brûle pas son environnement. C'est le plus souvent une lueur pâle de couleur bleutée, parfois jaunâtre ou vermillon, en forme de flammèche qui flotte dans l’air à une faible hauteur au-dessus du sol ou de l’eau. La lumière semble vacillante et diffuse, ce qui peut évoquer une forme de vie. Certains feux follets durent quelques dizaines de secondes, et très rarement plusieurs minutes. Dans l'imaginaire populaire, ce seraient des esprits malins ou des âmes en peine venues hanter les forêts désertes, les cimetières... et les marécages.

    Et justement, les feux follets ont été souvent observés autour des marais. Comme ceux situés entre les deux lieux-dits. A supposer que les deux soeurs aient observé en réalité des feux follets, ils resteraient à expliquer les sonorités musicales qu'elles affirment avoir entendu.
    Car, dans l'état de nos connaissances, les feux follets sont silencieux...

    Source : Joël Mesnard, Les apparitions d'ovnis, Le Mercure Dauphinois, 2016, p. 200

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