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mystère

  • Affaire Dupont de Ligonnès : 10 questions pour une conviction

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    D’ordinaire, j'étudie plutôt des affaires paranormales, et pas des affaires criminelles. Mais, comme tout un chacun, j’ai eu le temps de m’intéresser au dossier Xavier Dupont de Ligonnès.
    Voici dix ans, à quelques jours près, que le principal suspect s'est volatilisé dans la nature. En lisant ou parcourant l’essentiel ce qui s’est dit sur le suje
    t durant cette décennie, notamment le spectaculaire dossier publié par Society à l’été 2020, et en faisant pas mal de recoupements, je me suis forgé quelques convictions que je voudrais partager avec vous.

    Non que je sache ce qui est advenu à ce personnage ou que je détienne un scoop, mais avec ces quelques réflexions de bon sens, j’espère contribuer très modestement à clarifier cette énigme qui fascine tout le monde. Une fois encore, aucune certitude mais 10 questions auxquelles je me suis astreint à répondre dans l’état actuel de nos connaissances.

    D’abord, les faits. Tout le monde connait le déroulement du drame, pas la peine de s’y attarder. Entre le 3 et le 6 avril 2011, un père de famille, Xavier Dupont de Ligonnès, né le 9 janvier 1961, aurait assassiné, dans sa maison du 55 rue Robert Schuman à Nantes, sa femme Agnès, ses quatre enfants Arthur, Thomas, Anne et Benoît et les deux chiens de la famille.
    Les cinq corps sont retrouvés le 21 avril 2011 sous la terrasse de la maison.
    Xavier Dupont de Ligonnès (que l’on va appeler XDDL désormais), le principal suspect de ce quintuple meurtre, est officiellement aperçu pour la dernière fois le 15 avril 2011 à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Depuis ce jour, malgré de très nombreuses alertes, personne ne l’a jamais revu.

    1. Xavier Dupont de Ligonnes est-il encore vivant ?

    C’est la question clé au cœur de cette affaire. Car selon la réponse, ce sont les motivations même du principal suspect qui changent. Comme pour le chat de Schrödinger, il n’y a que deux options possibles : soit XDDL est mort, soit il est vivant. En l’absence de corps, l’une comme l’autre relève du plausible.

    S’il est mort, c’est forcément à la suite d’un suicide (ou alors d’un accident lors de sa fuite). S’il est vivant, il peut s’être réfugié n’importe tout en France ou à l’étranger.

    Au début de l’affaire, j’ai pensé comme beaucoup que XDDL avait mis fin à ses jours, pris de remords et acculé à la dernière extrémité par l’absence de fonds et de moyens pour organiser sa fuite.

    Mais au fil du temps, toutes les informations récoltées par les enquêteurs, tous les indices psychologiques notamment m’ont porté à croire désormais que XDDL est bien vivant (voir notamment question n°2) et s’est enfui quelque part. Qui sait si d’où il se trouve, il ne suit pas la traque dont il est l’objet avec une certaine jubilation ?

     2. L'hypothèse du suicide est-elle plausible ?

    Pour les autorités et les enquêteurs, c’est l’hypothèse qui prévaut. Le procureur de la République de Nantes a estimé qu'« au vu de l'état catastrophique de ses finances, au vu de son état d'esprit les jours ou semaines qui ont précédé ces assassinats, au vu de l'absence totale de traces de l'intéressé malgré l'intense travail de quadrillage et de recoupement policier, l'hypothèse du suicide, sans être du tout certaine, est la plus probable ».

    De même, la procureure Brigitte Lamy n’a pas remis en cause le statut de suspect de Xavier Dupont de Ligonnès et penche, elle aussi, pour la thèse du suicide. D’ailleurs, si le corps de XDDL est retrouvé, et sans autre suspect, il faut savoir que l'enquête débouchera sur un non-lieu.

    En 2019, l'ancien directeur interrégional ouest de la police judiciaire Jean-Paul Le Tensorer s’est dit persuadé que XDDL s’est suicidé. Il parle d’un individu aux abois et acculé face à une situation financière et patrimoniale devenue insupportable, empruntant de l'argent à ses proches, à ses maîtresses et dilapidant l'héritage de son épouse. Selon l’ancien policier, envisager une cavale implique de disposer de fonds très importants ne serait-ce que pour financer un changement d'identité, une opération de chirurgie plastique et une nouvelle vie quotidienne coupée de tout contact avec le public qui pourrait l’identifier.

    Des experts ont décrit la vision très rigide de père de famille qu’a pu endosser XDDL. Dans ce cas, il ne fait pas de différence entre lui et les siens. S’il doit disparaître, alors tout son univers doit disparaître avec lui. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il a tué non seulement sa femme et ses quatre enfants, mais aussi les deux chiens. En gros, cela revient à dire, si je ne m’en sors pas, alors personne ne doit s’en sortir…

    Pour autant, des proches comme des journalistes ne croient absolument pas que XDDL ait mis fin à ses jours. Et je partage leur avis.

    Comme arguments principaux en défaveur du suicide, il y a d’abord toutes les actions effectuées par le suspect pour effacer ses traces. Lorsque vous envisagez de vous suicider après un tel massacre, vous ne perdez pas de temps à préparer méticuleusement votre fuite, puis votre disparition. Le fait que XDDL ait pris un peu de temps lors de sa cavale connue ne plaise pas non plus pour la thèse de la mort orchestrée.

    En général, dans ce genre de drame familial, soit on se supprime avec sa famille, soit on se rend aux autorités, soit on part en cavale pour échapper aux conséquences de son crime. Mais on ne traverse pas toute la France pour aller se donner la mort des semaines plus tard dans un endroit où l’on ne vous retrouvera pas. Cela ne correspond absolument pas à la personnalité extravertie de XDDL.

    Sauf à faire preuve d’une perversité incroyable au-delà de son propre décès… XDDL qui s’est toujours considéré comme supérieur au commun des mortels (voir l’article du Parisien « Dans la tête de Xavier de Dupont de Ligonnes ») avait-il envie de défier les enquêteurs même après sa mort en dissimulant l'endroit de sa mort ? Toujours est-il que dans cette fuite vers le sud de la France, on ne perçoit pas chez le suspect une forme de remords ou un tempérament suicidaire…

    Une affaire plus ancienne mais assez similaire permet peut-être d’éclairer la psychologie de XDDL au moment des faits. Je l’ai découverte en mars dernier lorsque je préparais le dossier sur The Watcher que j’ai raconté lors des Rencontres du Mystère et de l’Inexpliqué de BTLV. Il s’avère que dans la même ville que le Watcher s’est déroulé un drame sordide. Le 9 novembre 1971, à Westfield, une ville aisée du New Jersey, un père de famille, John List, un vendeur en assurances de 46 ans, avait aussi abattu toute sa famille avant de partir en cavale.

    En découvrant cette histoire, j’avais fait un rapprochement avec l’histoire de XDDL mais d’autres l’avaient fait bien avant moi, comme Flore Galaud dès le 7 mai 2011 dans son article du Figaro. Cette affaire criminelle d’outre-Atlantique vieille de cinquante ans présente plusieurs similitudes avec le drame de Nantes : une préparation méthodique, l’enchaînement des faits (List et XDDL tuent leur famille en plusieurs fois et font comme si de rien n’était entre les meurtres), la mise en scène orchestrée d’un départ précipité de la famille, une situation financière intenable (chômage pour List, dettes pour XDDL), le manque absolu de compassion (tous deux ont aussi tué les chiens de la famille)…

    Si XDDL demeure introuvable, John List a réussi à semer les enquêteurs pendant près de dix-huit ans. En 1989, il a été enfin repéré grâce à des témoignages d'habitants du Colorado après la diffusion de son portrait dans l'émission de télévision America's Most Wanted. John List y était installé depuis de nombreuses années avec un nouveau nom (Robert Clark), s’était trouvé un emploi et s’était même remarié.

    Après son arrestation, List, qui était resté profondément religieux (il était luthérien), a reconnu que ses crimes violaient l’un des dix commandements : « Tu ne tueras point ». Il savait qu’il avait tort en commettant un tel crime, mais il s’était mis en tête que le seul moyen de sauver sa famille de la ruine financière, c’était de la supprimer.

    En revanche, s’il a pris cette terrible décision, List ne s’est pas tué lui-même. « C’était ma croyance que si vous vous tuez, vous n’irez pas au paradis. Donc en fin de compte j’en suis arrivé au point où j’ai pensé que je pouvais les tuer. Heureusement ils iraient au paradis, et peut-être plus tard, en les rejoignant, j’aurais une chance de confesser mes péchés à Dieu et d’obtenir le pardon ».

    La question que je pose est celle-ci : et si un raisonnement semblable avait animé Dupont de Ligonnes ? On a dit qu’il avait perdu la foi des années auparavant, mais j’émets de gros doutes sur ce point.
    Peut-être était-il en crise, taraudé de questions existentielles ? D'ailleurs, il
    continuait de fréquenter des forums religieux sur Internet, était toujours en lien avec l’« Eglise » de sa mère (voir question n°9) et sur la scène du crime, chaque corps était accompagné d'une figurine religieuse pour son dernier voyage. Est-ce là une initiative qu’aurait prise quelqu’un qui ne croit plus ? Si l’on suit cette logique, XDDL n’a jamais songé à se supprimer, un acte qui serait contraire à ses valeurs religieuses, et il attendrait peut-être de rejoindre sa famille… mais, comme John List, après s’être éteint de sa belle mort.

     3. Si XDDL s'est suicidé, où se trouve son corps ?

    Supposons que XDDL se soit suicidé. C’est une hypothèse qui est loin d’avoir ma préférence comme je l’ai dit, mais supposons. Alors, il est fort probable que son corps gît quelque part dans un périmètre autour du dernier endroit où on l’a vu, à savoir Roquebrune-sur-Argens.
    Le problème, c’est que cette région abonde en endroits peu accessibles, en ravines, en grottes, en lieux très peu fréquentés. Et donc des années, sinon des décennies, peuvent s’écouler avant qu’on ne retrouve son squelette.

    En juin 2013, un corps a été découvert à une vingtaine de kilomètres du lieu où XDDL a été vu pour la dernière fois. Une autopsie a été réalisée, mais selon Danielle Drouy-Ayral, procureur de Draguignan, il ne s’agissait pas du corps du suspect en cavale. La magistrate n’a cependant pas donné d’autres précisions.

    Fin avril 2015, plus de quatre ans après la tuerie de Nantes, un promeneur tombe sur des ossements à proximité d'un campement de fortune à Bagnols-en-Forêt, à quelques kilomètres de Roquebrune-sur-Argens. Là encore, des analyses ADN ont conclure qu'il ne s'agit pas de XDDL.

    Il reste donc à espérer qu’un jour proche, un promeneur découvre par hasard son corps ou ce qu’il en reste. Comme ce fut le cas pour la malheureuse Pauline Laffont, partie seule en promenade depuis la maison familiale des Cévennes et retrouvée morte accidentellement le 21 novembre 1988, trois mois après sa disparition, au fond d’un ravin non loin de son point de départ. Entre le jour de sa disparition et la découverte de son corps, toutes sortes de rumeurs avaient circulé, comme quoi elle faisait une retraite dans un couvent, avait fugué en Chine, était entrée dans une secte ou s’était suicidée à la suite d’une dépression… Tout comme dans l’affaire XDDL.

    4. S'il est toujours vivant, à quoi peut-il ressembler aujourd'hui ?

    Rappelons que Geneviève, la mère, et Christine, la sœur de XDDL, de même que l’époux de celle-ci, Bertram, sont intimement persuadés que le disparu est toujours vivant et qu’il va réapparaître un jour.

    Imaginer à quoi le fugitif pourrait ressembler physiquement relève de la spéculation. Ce qui est sûr, c’est qu’il aurait 60 ans en 2021 et qu’il mesure environ 1,82 m. Pour le reste, il y a fort à parier que XDDL ne ressemble plus vraiment aux photos que l’on a de lui. Tout est possible tant il est facile de changer de coiffure, de pilosité, de couleur d’yeux, voire de visage via une intervention de chirurgie esthétique. Est-il barbu, moustachu ? Porte-il des lunettes ou a-t-il le crâne rasé ? La voix, en revanche, doit être la même mais encore faut-il la savoir la reconnaître…

    En tout cas, on le voit partout, parfois sans même vérifier avant d’en parler sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas avec le cas ahurissant d'un vagabond en 2020 dans le Doubs, une région où selon l’Est Républicain, on croit l’avoir déjà aperçu à trois reprises…

    Un point étonnant : nulle part, je n’ai trouvé d’indication sur un signe distinctif qui permettrait de l’identifier, comme une tache cutanée ou un tatouage par exemple. Hormis toutefois un petit détail physique : il manquerait une dent, la deuxième du côté gauche, à l’homme que tout le monde recherche. C’est peu. XDDL reste extraordinairement ordinaire.

    5. S'il est toujours vivant, où XDDL a-t-il pu fuir ?

    La réponse est assez simple : n’importe où ! N’oublions pas que XDDL a profité d’une large période pour organiser sa fuite. On sait que c’est le 14 avril 2011 qu’on le voit pour la dernière fois en train d’effectuer un retrait d’argent à un distributeur de billets à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Il passe la nuit dans un Formule 1 de la ville puis, le lendemain 15 avril, Il abandonne à proximité son véhicule, une C5 bleu métallisée et s’en va, en possession de son fusil. Ensuite, plus rien… Mais à ce moment-là, personne ne le recherche !

    En effet, ce n’est que six jours plus tard, le 20 avril, que le Parquet va ouvrir une enquête pour disparition inquiétante de l'ensemble de la famille Dupont de Ligonnès. Et le 21 avril, alors qu'un avis de recherche est diffusé pour toute la famille, les enquêteurs découvrent des restes humains enterrés dans le jardin de la maison familiale. Dans les heures qui suivent, les dépouilles des quatre enfants et de la mère sont exhumées. Ce même 21 avril, les gendarmes localisent la C5 de Xavier Dupont de Ligonnès à Roquebrune-sur-Argens, mais cela fait une semaine au moins qu’elle s’y trouve garée…

    Qu’a fait XDDL entre le meurtre de sa famille et le 15 avril ? Les enquêteurs et les journalistes de Society notamment ont réussi à reconstituer avec plus ou moins de détails sa cavale. Mais entre le 15 avril et le 21 avril, début de l’enquête, on ignore absolument ce que XDDL a pu faire. Et on peut tout imaginer !

    Les frontières françaises étant des passoires (la crise de la Covid-19 vient amplement de le démontrer), le suspect a pu très bien se rendre dans un pays limitrophe comme l’Italie, l’Espagne ou la Suisse. N'étant pas encore recherché, il a très bien pu prendre sans la moindre anicroche un avion ou un bateau pour une destination inconnue.

    Parmi les territoires à envisager, je privilégierais deux pistes. D’une part, les Etats-Unis, pays de prédilection de XDDL où il a déjà séjourné et dont il maîtrise bien la langue. Idéal pour se fondre dans la population qui n’a jamais entendu parler de vous et recommencer sa vie à zéro. A l’image d’un John List dont XDDL avait peut-être entendu parler avant le drame…

    D’autre part, l’Asie où XDDL a également voyagé à plusieurs reprises (Thaïlande, Bali, Malaisie), voire l’Australie. On sait qu’il a envoyé des mandats à un certain Joven Soliman, aux Philippines : cette piste reste ouverte...

    Tous ces endroits sont des lieux éloignés de la France, aux conditions de vie agréables, où il est facile de se faire oublier… Mais la solution est peut-être du côté de continents moins évidents, comme l’Amérique du Sud ou l’Afrique (Yémen) mais je reste convaincu que dans le cadre d’une fuite à l’étranger, XDDL aurait choisi en priorité des destinations familières ou propices à l’adaptation et à une vie agréable.
    Cela dit, demeure la question cruciale du financement de cette fuite à l’étranger et des moyens financiers nécessaires pour refaire sa vie loin de l’hexagone. De ce qu’on le sait, XDDL n’avait presque plus rien en poche. Au dernier distributeur où on l’a aperçu, il n’a retiré que 30 euros, très peu pour un homme en cavale…

    À moins que XDDL ne soit finalement pas parti aussi loin et qu’il tente de survivre quelque part en France, soit dans la discrétion d’une communauté religieuse qui l’aurait accueilli, soit au vu et au su de tous, mais méconnaissable, juste pour le plaisir de défier ceux qui le traquent… À vrai dire, cela serait assez fidèle au formidable complexe de supériorité qui l’a toujours animé.

    6. XDDL a-t-il pu tuer seul sa famille ?

    Ce que l’on sait, c’est qu’en décembre 2010, à presque 50 ans, XDDL s’est découvert une soudaine passion pour le tir, fréquentant un stand de tir nantais d’abord avec un pistolet, puis à partir de février avec la carabine dix coups héritée de son père mort en janvier 2011.
    Le 12 mars 2011, XDDL achète un silencieux et des cartouches de carabine dans une armurerie de Nantes. Fin mars (le 23 ou le 30), il fait plusieurs achats dont « un rouleau de sacs-poubelles de grande taille, ainsi qu'un paquet de dalles plastique adhésives pour le sol ».

    Le 1er avril, XDDL achète du ciment ainsi qu'une bêche et une houe, puis le lendemain quatre sacs de chaux de 10 kg chacun, dans différents magasins de la région nantaise. Enfin, le 3 avril, l’un de ses voisins aperçoit Agnès pour la dernière fois puis XDDL qui dépose de gros sacs dans sa voiture, une Citroën C5.

    Les autopsies pratiquées sur les cinq dépouilles ont montré que la mère et ses quatre enfants ont été exécutés d’une manière « méthodique » dans leur sommeil.

    Les investigations tous azimuts ont permis d’avoir la certitude que le scénario élaboré par XDDL (le départ précipité de toute la famille à l’étranger) devait être imparable, en dissuadant toute recherche approfondie dans la maison. C’était sans compter sans l’intuition d’une capitaine de police qui a trouvé étrange la mention dans la lettre que Xavier Dupont de Ligonnès a envoyé au reste de sa famille ainsi qu’à des proches, de ne pas toucher au « fouillis » sous la terrasse. Le plan a fonctionné trois semaines environ, le temps de retrouver les cinq cadavres… et de permettre à XDDL de s’évaporer.

    Si XDDL a procédé seul aux préparatifs du massacre et qu’il a aussi pu tuer seul sa famille, en revanche, se pose la question de savoir comment il a pu, dans un premier temps, transporter les cinq corps des chambres du 2ème étage jusqu'à la terrasse du jardin.

    Puis excaver tout seul, dans un temps limité et sans attirer l’attention de ses voisins, un trou sous la terrasse de 2,5 m3 de terre. D’autant qu’il était notoirement su que XDDL souffrait de violentes douleurs au dos (problème de disque intervertébral aux lombaires) et de périarthrite à l’épaule qui l’auraient handicapé pour une tâche aussi harassante.

    S’il n’a pas agi seul, qui l’a aidé ? Ou bien ce seraient d’autres que lui (et un éventuel complice) qui se seraient chargés d’enterrer les corps ? Un détail troublant : lorsque la police découvre les deux fosses où sont entreposés les corps, elle constate qu’elles sont recouvertes de ciment encore assez frais, donc coulé récemment. Pourtant, XDDL se trouve dans le Var depuis au moins six jours... Mais quelqu’un aurait-il venir dans la maison après son départ, sachant que la police y a fait cinq passages du 13 au 21 avril, avant la découverte des victimes ?

    Il reste un mystère évident au 55, rue Robert Schuman à Nantes.

    > A quoi ressemble la vraie scène de crime

    7. D’ailleurs, est-on vraiment sûr que les corps découverts sont ceux de la famille de XDDL ?

    Aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a effectivement un doute. Lorsqu’ils ont été découverts, les corps étaient méconnaissables. L’autopsie a permis d’apprendre que les enfants avaient été drogues avec un somnifère, puis abattues à bout portant avec une carabine 22 long rifle, du modèle de l’arme qu’avait héritée XDDL trois mois plus tôt. Le fait qu'Agnès n'ait pas été droguée semble indiquer qu'elle aurait été la première victime.

    Sans qu’on puisse en avoir la confirmation, il a été dit que les mensurations et les poids des corps ne correspondaient pas vraiment à ceux d’Agnès et de ses enfants…
    Les analyses d’ADN ont révélé que toutes les victimes étaient de la même famille. Mais cet ADN n’a apparemment jamais été comparé à celui de la famille de XDDL. Par ailleurs, ladite famille a été dissuadée de venir reconnaître les corps avant leur incinération.

    Un autre élément curieux : le 22 avril 2011, c’est-à-dire le jour même des autopsies, le procureur de la République de Nantes déclare qu’il va donner l’ordre de délivrer les permis d’inhumer dans les jours qui suivent. Une décision très rapide et inhabituelle qui a beaucoup surpris au regard de l’ampleur de la tragédie. Les obsèques auront lieu le 28 avril 2021 et les corps incinérés seront inhumés le 30 avril.

    Tous ces éléments ont conduit certains, dont la famille de XDDL, à penser que les corps exhumés dans la maison nantaise ne sont pas ceux d’Agnès et des enfants Dupont de Ligonnès. Une vaste supercherie ? C’est la question que se pose ainsi Midi Libre dans un article du 27 juillet 2012.

    Aujourd’hui, les cendres des victimes reposent à Noyers-sur-Serein dans l’Yonne. Pour lever le doute et en avoir le cœur net, il serait sans doute instructif de comparer les ADN relevés lors des autopsies avec ceux de la famille XDDL. S’il y avait une différence, cela ouvrirait forcément des perspectives inédites sur toute l’affaire…

    8. Pourquoi XDDL s’est-il rendu dans le quartier de Port-Boyer ?

    Après la mort de son dernier fils Thomas, dans la nuit du 5 au 6 avril, Xavier Dupont de Ligonnès va rester jusqu’au 10 avril dans la maison avant de partir. Le 6, il reste cloîtré à domicile, sans doute occupé à effacer toutes les traces du massacre. Le lendemain, on l’aperçoit en train de faire des allers-retours entre la maison et sa voiture, en transportant de gros sacs.

    Dans leur livre sur l’affaire « Sans pitié pour les siens » (2017), Béatrice Fonteneau et Jean-Michel Laurence écrivent qu’une piste aurait été négligée par la police. Le 7 avril, XDDL quitte son domicile à 1h17 et 6 minutes plus tard, à 1h23, sa ligne mobile s’active à côté du 77, rue du Port-Boyer à Nantes. On y trouve quelques immeubles de type HLM, des parkings, un bois et non loin, le ruisseau des Sourdes qui se jette à cent mètres de là dans l’Erdre. C’est un endroit plutôt isolé, que l’on ne recommande pas forcément de fréquenter la nuit. Que fabrique XDDL dans cet endroit passé minuit ?

    Puis, en début de soirée ce même jour, XDDL envoie un mail à son beau-frère Bertram, et le téléphone borne ensuite à nouveau à 21h23 à hauteur du 77, rue du Port-Boyer.
    Il semblerait que les enquêteurs n’aient que peu, voire pas, exploré cette piste, ce qui semble incroyable. Pourtant, il y avait peut-être des informations précieuses à récupérer de ce côté-là.

    Comme tous les ordinateurs et téléphones portables de la famille ont disparu de la scène de crime, on peut envisager que XDDL se soit rendu dans ce coin plutôt sauvage pour s’en débarrasser. Il aurait fallu se rendre sur place, fouiller les alentours, notamment les parties boisées ou irriguées, interroger le voisinage… Il est possible que XDDL s’y soit rendu par hasard (au moins à deux reprises, toutefois) ou bien parce qu’il avait déjà repéré les lieux. Mais pourquoi ne pas imaginer qu’il y connaissait quelqu’un et qu’il ait dealé tout le matériel disparu contre de l’argent destiné à contribuer à financer sa fuite ?
    En examinant la zone sur Google Maps, on distingue plusieurs parkings ombragés très discrets dans lesquels on peut faire affaire la nuit sans être dérangé…

    9. Quelles sont les zones d'ombre autour de la mère et de la soeur de XDDL ?

    Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont nombreuses. Aussi bien la mère de XDDL, Géneviève (née en 1930) que sa sœur Christine (née en 1966) ont toujours affirmé qu’elles ne croyaient pas en la culpabilité de XDDL. Pour elles, Xavier et sa famille sont bien partis aux Etats-Unis et elles pensent que ce ne sont pas les corps d’Agnès et des enfants qu’on a retrouvé sous la terrasse.

    Dans le dossier de Society, il est rappelé à juste titre que Christine, qui entretenait un lien étroit avec le fugitif, a attendu un mois et demi avant de transmettre le message de son frère à la police. Pourquoi ? Cette même sœur qui possédait six lignes de téléphone et envoyait régulièrement des chèques à XDDL…
    Society mentionne également cette histoire intrigante de colis mystérieux envoyé à XDDL et que sa mère Géneviève aurait tenté, en vain, de retirer. Recherché, le colis en question aurait ensuite disparu…

    Et puis, l’affaire a fait émerger une autre histoire, qui donne un éclairage sombre et mystique à la famille Dupont de Ligonnès. Sa mère Geneviève a fondé en 1960 le groupe de prière « Philadelphie » ou « Le Jardin », un mouvement à caractère sectaire fondé sur l'Apocalypse, implanté entre Versailles et le nord de la Bretagne.

    Le caractère occulte de l'Eglise de Philadelphie a intrigué les policiers, qui ont saisi plusieurs documents. Parmi ceux-ci, le témoignage d'un ancien membre évoque le caractère sectaire de ce groupe, qui mêle références à Satan et « complot judéo-maçonnique ».

    Désormais dirigée par Christine, la sœur de Xavier, ce "groupe de prière mystique" aux "dérives sectaires" comme l’a qualifié la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a fait l'objet, en novembre 2019, d'une enquête préliminaire par le parquet de Versailles, pour « abus de faiblesse en état de sujétion psychologique visant un mouvement d'inspiration catholique, traditionaliste, radical et apocalyptique ».

    C’est dans ce milieu oppressant et fanatique que XDDL a grandi. Sa mère, issue d'une famille bourgeoise très pieuse, vit dans l'attente d'une apocalypse imminente. On peut s’interroger sur la part réelle prise par la mère, la sœur et la secte dans son ensemble dans le drame.
    Quel appui ont-elles pu apporter au suspect dans sa fuite effrénée ? Est-il possible que XDDL se cache quelque part dans l’un des lieux de rencontre de la secte, entre la Bretagne et Versailles ? La tentation est forte de faire passer Geneviève et Christine Dupont de Ligonnes du statut de parties civiles à celles de suspectes…

     10. Quelles sont les pistes qui n'ont pas ou peu été explorées ?

    Dans l’affaire de la tuerie de Nantes, les zones d’ombre et les hypothèses non explorées abondent. En voici quelques-unes qui n’ont pas été vraiment fouillées à fond, c’est le moins qu’on puisse dire.

    La piste du monastère. Une personne qui connaissait les pseudos de XDDL s’est connecté le 3 avril (premier jour des meurtres) sur le forum Cité-Catholique. Il se pourrait que ce soit XDDL lui-même qui se serait ensuite connecté tous les jours de sa cavale connue.
    Le dernier article posté sur le site, deux ans plus tôt, fait référence à une fraternité ultra-traditionnaliste, Saint-Thomas Becket, qui pratique la messe en latin et dont une paroisse est basée à Ollioules.
    Or, Ollioules se trouve à six kilomètres de l’endroit où XDDL a passé son avant-dernière nuit connue et à moins de cent kilomètres de Roquebrune sur Argens. L’abbé Jean-Pierre Gac affirme n’avoir jamais été en contact avec XDDL mais le Var pullule de confréries de ce genre. XDDL s’est-il fait oublier dans une telle communauté ? Au regard de la personnalité du fuyard, on imagine mal qu’il ait supporté très longtemps de rester à l’écart, coupé du monde et de la vie publique. Tôt ou tard, il sera réapparu quelque part dans la région.

    Les papiers volés. Le 3 avril, en début de soirée, au moment où XDDL s’apprête à commettre l’irréparable, une jeune étudiante en BTS à Nantes vient porter plainte pour l’effraction de sa Twingo : on a lui a volé son autoradio, ainsi que les papiers du véhicule, rangés dans une pochette en simili cuir de couleur grise.
    Or, cette pochette a été retrouvée le 22 avril dans le vaisselier du salon des Ligonnès où XDDL rangeait ses papiers. Les enquêteurs ont attribué cette effraction à Arthur Ligonnès, l’un des fils, déjà arrêté pour vol de vélo et conduite sous cannabis. Mais quel intérêt aurait-il eu à conserver ces papiers et à les ranger au milieu des affaires de son père ? Et si c’est XDDL lui-même, dans quel but ?

    Les rôles d’Emmanuel Teneur et de Michel Rétif. D’abord considéré comme une aide précieuse par les enquêteurs, on a fini par se demander si Emmanuel Teneur, le meilleur ami de XDDL (dont il était amoureux depuis leur adolescence) n’avait pas été complice du fugitif. Il avait notamment hérité d’un héritage de 250 000 euros dont une partie aurait pu être détournée pour alimenter une caisse secrète destinée à aider XDDL à s’enfuir.

    En proie à une dépression et des problèmes d’alcoolisme, Emmanuel Teneur a succombé le 18 janvier 2020 d’une crise cardiaque consécutive à une embolie pulmonaire. Selon l’enquête de Society, « Xavier Ligonnès a tué Emmanuel Teneur », tout comme son autre grand ami, Michel Rétif, qui atteint d’un cancer, s’est suicidé le 2 mars 2018 après une grosse dépression.

    Bien que décédé, ce dernier est également mêlé de près à l’enquête car il est apparu que le 14 avril, alors que Xavier Dupont de Ligonnès passe sa dernière nuit "connue" à Roquebrune-sur-Argens, Michel Rétif se trouve à moins de 10 kilomètres de là, à vol d’oiseau. Une coïncidence trop belle pour être vraie.
    Auparavant, le 6 avril à 21h45, Rétif avait réussi à joindre XDDL au téléphone durant 25 minutes. C’est le dernier à lui avoir parlé. Les deux hommes ont-ils convenus de se retrouver dans le Var ? En tout cas, Rétif s’y trouve du 13 au 15 avril. Se sont-ils vus, croiser ? L’ami proche ne s’est jamais expliqué avant sa mort. Tout au plus connait-on son parcours dans la région et le fait que le 13 avril, il a passé la soirée à Cogolin dans le Var, avec son ami Laurent, pilote d’avion, qui n’a jamais été entendu par la police.

    L’information du garagiste. XDDL a fait la connaissance d’un certain Cédric M., garagiste, quelques années plus tôt. Le fugitif a déjeuné avec lui et son associé Renaud, le 31 mars 2011, quatre jours avant les meurtres. Interrogé par Society, le dénommé Renaud vitupère car la police n’est jamais venue l’interroger alors qu’il est le dernier à voir avoir vu XDDL vivant. « Mais je ne vous dirai pas quand, parce que la date est importante » (Society)

    La lettre à l’AFP. Le 14 juillet 2015, l’agence France-Presse de Nantes a reçu un courrier avec une photo de deux des fils de XDDL et, au dos, la signature d’un certain « Xavier Dupont de Ligonnès » annonçant : « Je suis toujours vivant », puis en minuscules la phrase énigmatique « de là jusqu’à cette heure (sic) ». La provenance de cette lettre mystérieuse demeure inconnue à ce jour.

    MA SYNTHESE :

    • Envisager le suicide de Dupont de Ligonnes, du moins peu après l'assassinat de sa famille, n'est plus une hypothèse convaincante. S'il est aujourd'hui mort, c'est arrivé bien plus tard, et sans doute pour une autre raison.
    • Toutes les facettes que l'on connait de sa personnalité permettent d'imaginer qu'il a très bien pu partir refaire sa vie à l'étranger.
    • L'affaire comporte nombre d'éléments mal éclaircis, voire pas explorés du tout. Ce qui interroge forcément...
  • L'étrange station-service de l'I29 (Missouri)

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    Avez-vous déjà ressenti dans un lieu une sensation très désagréable, au point d'interrompre tout de suite ce que vous faisiez et de décamper sans demander votre reste ? Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit et c'est arrivé à Dave Carter, un habitant d'Omaha dans le Nebraska en juillet 1992.

    Avec sa femme et ses enfants, il rentrait en voiture de Kansas City vers Omaha, par l'I-29, un périple de trois heures environ. Il était tard dans la nuit, vers deux heures du matin.
    main-qimg-755489ed1bb4a4128a6fa5b3b2d537d8.jpgObligé de faire le plein d'essence, Carter décida de s'arrêter au seul endroit qui était ouvert à cette heure. C'était une station-service isolée au milieu de l'obscurité la plus complète, à peine éclairée par les néons au-dessus des pompes. Hormis cela, l'endroit semblait parfaitement normal. 

    Dave Carter fit le plein de son réservoir et entra à l'intérieur de la station pour payer et s'acheter un café. Mais au bout de deux minutes à peine, il ressentit une énorme envie de partir. Il n'avait jamais eu ce sentiment auparavant pour que quoi que ce soit. Il eut l'impression fugace que son destin pouvait être bouleversé de manière imminente s'il ne partait pas immédiatement. Puis il se sentit presque repoussé à l'extérieur. Dave racontera ensuite qu'il avait failli partir sans payer et que sa transaction avec le caissier lui avait paru durer une éternité. 

    main-qimg-91212f1095fd79549fb2316d7a09327f.jpgTrès mal à l'aise, Carter regagna sa voiture où l'attendaient son épouse et ses gamins. Sa femme lui dit alors qu'elle avait envie d'aller aux toilettes et il n'eut pas le temps ni de lui raconter son expérience ni de la retenir. 
    Quelques minutes plus tard, Carter la vit revenir beaucoup plus vite que prévu et à l'évidence, elle paraissait effrayée. Elle avait ressenti exactement la même impression que son mari ! Ce désir irrépressible de fuir cet endroit..
    Sans attendre, Carter prit le volant et quitta la station-service en coup de vent. Alors que les enfants dormaient à l'arrière, Dave Carter et son épouse restèrent éveillés durant tout le reste du trajet.

    Quelque temps plus tard, alors qu'il roulait de jour vers Kansas City, Carter passa à hauteur de la station-service mais n'osa pas s'y arrêter. Mais il vit quelque chose qui était demeuré dans le noir, sur un coteau au-dessus de la station service : un vieux cimetière...

    Quelques vérifications :

    En prenant comme base les indications lacunaires données par Dave Carter, il m'a fallu du temps pour retrouver les lieux sur Google Maps. Suivre l'I29 entre Kansas City et Omaha, c'est long... presque 300 km !
    Finalement, le site est apparu sur la carte : il s'agit du cimetière Mount Hope, situé à Fairfax dans le comté d'Atchison (Missouri). C'est un vieux cimetière qui date des années 1845-46, la période où fut fondée la bourgade de Fairfax. Impossible de trouver d'autres informations sinon que le site regroupe des tombes très anciennes et on peut imaginer qu'il s'y trouve également des tombes indiennes. Peut-être existe-t-il une ou plusieurs légendes locales sur ce lieu mais je n'ai rien trouvé à ce propos.

    En ce qui concerne la station-service de 1992, de toute évidence, elle n'existe plus. Google Maps ne permet pas de s'en approcher mais les vues satellites comme certaines photos prises depuis le cimetière montrent que l'endroit est désaffecté et sert d'espace pour stocker des pneus. Quelqu'un habite-t-il sur place ? Peut-être, on distingue des véhicules sur les vues aériennes. S'il vous prend d'aller faire un tour là-bas et de rencontrer les locaux, tenez-moi au courant... si vous revenez !

    CEM46877951_121778953710.jpg

    Des photos du cimetière : pas très engageant... La nuit, ça doit être quelque chose...

    Une dernière anecdote : dans un champ de soja à quelques kilomètres de la station-service, on a découvert en 2000 une météorite très rare, qui porte désormais le nom de météorite de Milton.

     

     

    Une vidéo qui montre le trajet entre Omaha et Kansas City 

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Mystère des Alpes du sud : la chapelle des Pétètes (3)

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    Voici un édifice religieux très insolite ! Pour le découvrir, il faut vous rendre à Saint-Bonnet Champsaur, dans le département des Hautes-Alpes, non loin de la route qui relie Grenoble à Gap par La Mure et le col Bayard.
    Là, dans le hameau de l’Aubérie, s’élève la curieuse chapelle Saint-Grégoire, que les habitants de la région connaissent plus volontiers sous le nom de chapelle des Pétètes. En patois champsaurin, ce nom étrange désigne de petites poupées. Et les poupées en question, vous ne pouvez pas les rater : ce sont ces petites statuettes en pierre qui ornent toute la façade de la chapelle, conférant à l’édifice un cachet absolument unique en son genre.

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  • MH370 : personne ne pilotait l'appareil au moment du crash

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    Le Bureau australien de la sécurité et des transports (ATSB) a rendu public mercredi 2 novembre un rapport qui discrédite la thèse selon laquelle le pilote maîtrisait le Boeing de la Malaysia Airlines avant qu'il ne s'écrase dans l'océan Indien en mars 2014.

    Lire l'article complet sur Le Figaro

    Je vous invite aussi à consulter l'infographie interactive qui rappelle de manière détaillée les circonstances du drame.

    Même si les éléments s'accumulent pour démontrer qu'il y a eu probablement un crash de l'avion dans l'Océan indien, on ignore toujours précisément ce qui est arrivé à l'appareil disparu.

    Le fait que l'avion n'était pas piloté au moment de son contact avec l'eau ne réduit pas forcément le nombre d'hypothèses possibles : qui dit absence de pilotage ne signifie pas absence de pilote dans le cockpit à ce moment-là (voir le crash de la German Wings). A-t-on laissé volontairement l'avion s'abîmer en mer, soit par décision du commandant de bord, soit sous la contrainte ? Ou bien le personnel de bord était-il dans l'incapacité de piloter l'avion (inconscient, voire mort) ? 
    Les hypothèses du suicide du pilote, du détournement ou de l'accident mortel (type incendie à bord ou dépressurisation lente) restent valides à ce jour. Seule la découverte de l'épave pourrait sans doute apporter un éclairage nouveau.

  • MH370 : que sait-on de vraiment nouveau ?

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    "Un journal australien affirme que le mystère du vol disparu le 8 mars 2014 est en partie résolu. Selon lui, le Boeing 777 aurait «plongé à grande vitesse» avant de se disloquer au contact de l'eau. Mais cette théorie se base sur des informations très parcellaires".

    La version du crash à haute vitesse vient contredire celle du crash volontaire, que je critiquais dans un post précedent.
    Je vous conseille la lecture complète de cet article de Libération qui montre les limites des nouvelles hypothèses sur cette disparition qui demeure toujours inexpliquée.
      

  • MH370 : l'hypothèse du crash volontaire semble peu étayée

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    2048x1536-fit_debris-presume-mh370.jpgC’est l’information du jour, reprise par l'ensemble des médias ou presque : un nouvel élément viendrait étayer la thèse du crash volontaire du vol MH370 de la Malaysian Airlines.  

    Crash volontaire ?

    A l’appui de cette théorie, les propos d’un expert canadien, Larry Vance, ancien responsable du Bureau de la sécurité aérienne du Canada, qui a conduit plus de 200 enquêtes sur des crashes aériens, et qui, selon la BBC, a déclaré à la télévision australienne : « quelqu’un pilotait l’avion jusqu’à la fin, quelqu’un a mené l’avion dans l’eau, il n’y a pas d’autre hypothèse ».

    Pour étayer ses affirmations, cet expert s’appuie sur l’examen d’un morceau d'aile retrouvé sur l'île de la Réunion en 2015, soit plus d'un an après la mystérieuse disparition de l’appareil. Pour lui, l'aspect dentelé du volet-aileron retrouvé laisse supposer une érosion plutôt qu'une casse, et ce ne serait pas possible si l'appareil était simplement tombé dans l'eau.
    L’expert estime donc que le pilote a déployé cet aileron pour atterrir, preuve selon lui que quelqu'un était bien aux commandes à ce moment-là. "Vous ne pouvez pas le déployer autrement que par une décision humaine", a déclaré Larry Vance. 

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  • Affaire du Col Dyatlov : une nouvelle victime

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    Dead tourist.JPGC'est l'une des histoires les plus mystérieuses de toute l'histoire de la Russie qu'ont pu découvrir les lecteurs du tome 1 des Dossiers Inexpliqués : l'affaire du col Dyatlov, marquée par la mort jamais expliquée de neuf randonneurs à ski en 1959, continue toujours d'alimenter les gazettes.

    A la mi-janvier 2016, l'agence russe TASS a révélé qu'un groupe de touristes avait découvert au col Dyatlov le corps d'un homme, au même endroit où les neuf skieurs ont perdu la vie en 1959. Curieusement, ces touristes étaient au nombre de... neuf, un chiffre qui revient souvent dans cette affaire.

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  • Vous aimez les Dossiers Inexpliqués... ?

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    ... faites-le savoir en recommandant le livre à vos proches, vos amis et sur vos blogs personnels :-)

    Vous pouvez bien sûr "liker" la page Facebook des Dossiers, vous pouvez également me suivre sur Twitter ou me rejoindre sur Facebook,

    Et puis, si le coeur vous en dit, pourquoi ne pas déposer un
    commentaire positif sur le livre sur les librairies en ligne : 

    Mille mercis d'avance !

  • Communiqué de presse

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    "Dossiers inexpliqués"

    Affaires authentiques : surnaturel, étrange, insolite

    de Joslan F. Keller

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     Paru le 2 mai 2014

    Un inconnu découvert mort sur une plage d’Australie, un message codé en poche, et dont personne n’a jamais trouvé l’identité...
    Neuf randonneurs russes qui meurent dans d’étranges circonstances aux confins de l’Oural...
    Des gardiens de phare qui se volatilisent du jour au lendemain...
    Un escalier dont la construction n’est peut-être pas l’œuvre d’un humain…

    Ce livre présente une quinzaine de récits extraordinaires qui vont conduire le lecteur aux confins de l’inexplicable.

    Dans la lignée du Loch Ness, du Yeti, de Roswell ou du Triangle des Bermudes, cette sélection porte sur des histoires étonnantes qui n’ont pas connu la même médiatisation, mais reposant sur des faits réels ou des récits rapportés par des témoins au-dessus de tout soupçon. Il ne s’agit donc pas de légendes ni de fiction. Ces histoires demeurent pourtant inexpliquées, et continuent de nourrir des échanges enfiévrés entre amateurs d'insolite dans le monde entier.

    Ces quinze affaires irrésolues questionnent l’étendue de notre savoir et sont le reflet du mystère dans son infinie variété : personnages mystérieux, lieux étranges, apparitions troublantes, disparitions ahurissantes, objets énigmatiques…

    Pour préparer ce périple aux frontières de l'inconnu, Joslan F. Keller s’est plongé dans une documentation considérable, a fait la chasse aux contradictions et aux lacunes, vérifié les données disponibles et confronté les sources entre elles (témoignages, récits, coupures de presse, livres, photos, vidéos…) tout en séparant le bon grain de l’ivraie – car comme l’écrivait Marc Twain, « un mensonge peut faire le tour de la Terre le temps que la vérité mette ses chaussures ».

    Chacun des récits est organisé de la manière suivante : résumé des faits de manière précise et vivante, exposition des différentes hypothèses en vigueur sur l’affaire, puis liste des sources.

    À travers ces récits troublants, le lecteur est invité à réfléchir sur la relativité des connaissances de l’homme, mais également à méditer sur les notions de vérité et de véracité.

    Dossiers inexpliqués, de Joslan F. Keller, 300 pages, 19,50 €, 2014.

    >> Contact presse : Béatrice de Leyssac, mail : bdeleyssac@scrineo.fr

  • MAJ 1/05 - La mort de Peaches Geldof : encore des questions

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    peaches-geldof-destin_leader.jpgPeaches Geldof, la fille de Sir Bob Geldof, est décédée le lundi 7 avril 2014, à l'âge de 25 ans. Mannequin, journaliste et présentatrice, elle laisse derrière elle un mari, Thomas Cohen, et deux filles, Astala et Phaedra, nées en 2012 et 2013.

    Dans un premier temps, les autorités sont incapables de donner la cause de cette mort surprenante. L'examen post-mortem pratiqué le 9 avril ne révèle rien de concluant. La mort est qualifiée par la police de... "non suspecte, inexpliquée et soudaine". En outre, les enquêteurs, qui continuent leurs investigations sur les circonstances entourant le décès, précisent qu'ils n'ont trouvé "aucune drogue dure" ni "note de suicide" au domicile de Peaches.

    La jeune fashionista, habituée des tabloids anglais, traversait-elle une phase de déprime ? Etait-elle avec quelqu'un à son domicile lorsque le drame est survenu ? A-t-elle été victime d'une tierce personne ? Jusqu'ici, rien ne prouve que Peaches était seule... ou ne l'était pas.

    Aleister_Crowley_1310.jpgL''une des hypothèses soulevés juste après le drame voudrait que la jeune femme soit morte d'une crise cardiaque provoquée par le suivi d'un régime alimentaire trop draconien. Qui lui aurait inspiré cette pratique ? Il a été rappelé son attirance déclarée pour la scientologie, mais on sait moins sa fascination pour les idées ésotériques d'Aleister Crowley (1875-1947), un occultiste britannique dont les théories libertines ont séduit, entre autres, nombre de rock stars...

    Le 1er mai 2014, le quotidien britannique Le Times annonce, suite aux analyses toxicologiques, que Peaches est morte d'une overdose d'héroïne. Pourtant, la police n'avait absolument trouvé aucune trace de matériel ayant servi pour consommer de la drogue... Qui s'est chargé de "nettoyer" la maison de Peaches après son décès et avant l'arrivée de la police ?

    Difficile aussi de pas songer au parallèle tragique avec sa mère, Paula Yates, qui a elle aussi succombé à une overdose en 2000... En 1986, Paula épouse Bob Geldof et a trois filles avec lui, dont la cadette Peaches. En 1995, elle le quitte pour Michael Hutchence, le leader du groupe australien INXS avec qui elle a une autre fille, Heavenly Hiraani Tiger Lily Hutchence, née en 1996. Mais l'année suivante, Hutchence est retrouvé mort pendu dans sa chambre d'hôtel à Sydney. Dès lors, Paula Yates sombre dans la folie et passe de longs mois en hôpital psychiatrique avant de mourir à son tour en 2000. Une disparition que Peaches a longtemps occultée...  Doit-on désormais parler de malédiction familiale ?

    Dans sa dernière rubrique pour le magazine "Maman et Bébé", Peaches Geldof évoquait la joie que lui procuraient ses deux enfants, affirmant qu'elle était plus heureuse que jamais. Et son dernier message posté sur les réseaux sociaux, la veille de son décès, était une photo d'elle, enfant, dans les bras de sa mère...

    Statut : dossier expliqué avec des zones d'ombre

  • La main momifiée de Pangboche est-elle celle d'un yéti ?

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    Au Népal, un monastère de la ville de Pangboche a longtemps conservé une main momifiée dont on a affirmé qu'elle appartenait à un hominidé sauvage du Tibet. Se peut-il qu'elle soit la preuve de l'existence du yéti ?

    Pangboche Hand veer gorkha 5.jpgLe premier à en avoir parlé, c'est le millionnaire américain Tom Slock qui, vers 1957, dépensa une fortune pour monter des expéditions de recherche afin de prouver l'existence du yéti. A l'occasion de ces missions d'exploration, on lui parla d'une main momifiée très étrange dans un monastère qu'il put prendre en photo. 
    Deux ans plus tard, en 1959, une autre expédition put rassembler davantage d'informations sur cette main. L'un des explorateurs, Peter Byrne, insista longuement auprès des moines afin qu'ils l'autorisent à prendre la main pour l'étudier en Occident, mais les religieux opposèrent un refus catégorique. Peu scrupuleux, Byrne entreprit alors de dérober des morceaux d'os de la main de Pangboche auxquels il substitua des ossements humains.

    Reparti en Inde, il confia les os à l'acteur James Stewart qui les cacha dans ses valises pour les sortir du pays sans être inquiété. En 1960, Sir Edmund Hillary, l'alpiniste qui avait conquis l'Everest, enquêta sur la main de Pangboche. Mais ignorant le vol de Byrne, il conclut que la main était un canular, formé d'une main humain dont certains os avaient été remplacés par des os d'animaux.

    Ce n'est qu'en 1989 que le cryptozoologue Loren Coleman, qui s'était plongé dans les archives de Tom Slick pour rédiger sa biographie, découvrit le larcin, qu'avouèrent ensuite Peter Byrne et James Stewart. Le consultant de l'expédition George Agogino confia alors avoir conservé des échantillons de la main de Pangboche. Il accepta de les remettre à l'équipe de production du programme "Unsolved Mystéries" qui les fit analyser : il s'agissait de tissus très similaires à des tissus humains mais qui n'appartenaient pas à un être humain.

    A la fin des années 90, la main de Pangboche a été dérobée dans le monastère. Personne n'a jamais remis... la main dessus (désolé pour le jeu de mots) et les seules traces qui en subsistent sont de rares photos.

    A lire : un article (en anglais) illustré de plusieurs photos

    Statut : dossier inexpliqué

  • Le soldat fantôme de Gallipoli

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    dossier,inexpliqué,mystère,insolite,étrange,soldat,fantômeGallipoli fut le théâtre de la mystérieuse disparition d'un bataillon, que je relate dans le chapitre 11 des "Dossiers inexpliqués". Mais sur la péninsule turque, il n'y a pas que des soldats qui disparaissent, il y a aussi d'étranges apparitions.

    C'est la drôle d'histoire qui est arrivée à Leon Weeks, un archéologue américain venu à Gallipoli au début des années 1950 à la recherche de vestiges de la campagne militaire de 1915-1916. Dès son arrivée, il choisit de s'écarter de la civilisation et il plante sa tente loin des villages, dans les collines encore criblées par les tirs d'obus de la première guerre mondiale. Le jour, il explore la contrée, en quête de traces ou de reliques du conflit. Dans la soirée, profitant de sa solitude, il dresse un plan d'exploration pour le lendemain.

    Or, un soir justement, alors qu'il récupère de ses efforts devant son campement, il est sur le point d'enflammer sa cigarette lorsqu'il remarque, sur le versant opposé de la colline la silhouette d'un homme qui avance, tirant derrière lui un âne. Sur l'animal repose ce qui semble de loin être un corps.
    Weeks interpelle l'inconnu, mais celui-ci qu'il ne l'ait pas entendu ou qu'il refuse de lui parler, ne répond pas. L'archéologue insiste et tente de rattraper le mystérieux équipage. Mais Weeks, malgré ses efforts, ne parvient pas à les rejoindre.

    dossier,inexpliqué,mystère,insolite,étrange,soldat,fantômeLe lendemain, la même scène se reproduit. Weeks a le temps de distinguer que le corps allongé sur l'âne porte des bottes de cuir, mais il échoue encore à l'approcher. Durant plusieurs nuits d'affilée, Leon Weeks essaie tant bien que mal d'atteindre l'homme et son animal, mais comme par magie, cela lui est impossible. A la fois intrigué et irrité, l'archéologue retourne finalement aux Etats-Unis.

    Le récit aurait pu en rester là si une autre découverte n'avait pas laissé pantois notre explorateur. En 1968, Weeks rend une visite à l'un de ses amis anglais et évoque son séjour à Gallipoli. L'ami, philatéliste passionné, possède justement une collection comportant des timbres australiens évoquant cette campagne militaire.
    En parcourant les petites vignettes de papier, Weeks sursaute : l'un des timbres présente, sous forme de dessin stylisé, la scène à laquelle il a assisté une quinzaine d'années plus tôt : un homme menant un âne portant un soldat blessé ! Comment est-ce possible ?

    Il se tourne vers son ami anglais qui lui raconte que le timbre a été émis trois ans plus tôt en 1965 en l'honneur d'un certain John Simpson Kirkpatrick, un soldat brancardier d'origine anglaise, qui a parcouru les champs de bataille de Galipoli au péril de sa vie pour ramener les soldats blessé à dos d'âne. On dit qu'il sauva ainsi des dizaines de malheureux promis à une fin certaine. En mai 1915, Kirkpatrick fut frappé par des éclats d'obus ottomans et l'on l'enterra dans les collines de Gallipoli...
    Est-ce son spectre qu'a vu Leon Weeks dans les années 1950 ?

    Statut : récit inexpliqué

    Photos :
    - Les troupes australo-zélandaises débarquent à Gallipoli en 1915.
    - Une présumée photo du véritable John Simpson Kirkpatrick (à droite).