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4. Troublantes apparitions

  • L'insolite poltergeist auvergnat

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    Après les Chroniques du Confinement (voir mon post précédent), voici maintenant les Chroniques du Déconfinement qui devraient s'étendre jusqu'à la mi-juillet environ... Bonne lecture avec ce premier dossier dont j'ai parlé sur BTLV.

    Le poltergeist auvergnat, ce n'est pas le nom d'une nouvelle spécialité gastronomique ! Retour sur une étrange affaire d'esprit frappeur, survenue il y a un peu de plus de 60 ans en région Auvergne-Rhône-Alpes.

    ob_506df1ee489e7c89129ea9f857b0abea_image3.jpgL'histoire se déroule durant l'été 1956 à Saint-Martin d'Ollières, une petite localité à la frontière du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire, à 35 km au sud-est d'Issoire.
    Les Ollières, c'étaient des exploitations de terre à oules, des poteries pour la maison. Donc on faisait probablement de la poterie dans ce village qui existe sous son nom complet depuis 1347.
    Aujourd'hui, St-Martin ne compte que 150 habitants, il en comptait le double, plus de 300, au milieu des années 50 au moment des faits.
    A cette époque, c'est un village sans histoire, sur une petite colline parsemée de pins, où il ne se passe jamais rien.
    C'est souvent le cas d'ailleurs dans les histoires de paranormal. L'endroit est toujours très calme et tout à coup il arrive quelque chose d'extraordinaire...

    Et cet événement extraordinaire, justement, commence le 27 juillet 1956. Il y a dans le village une petite fille, Josiane, dite Josie, âgée d'environ de dix ans, qui passe ses vacances chez sa grand-mère depuis le 6 juillet, avec ses deux petits frères de 7 et 6 ans.
    En fait, la grand-mère, Mme Géreau, décrite comme une vieille dame aux cheveux gris, à l'air revêche mais à l'oeil vif, n'habite pas le village. Elle en est juste originaire comme toute la famille qui réside à cette époque à Drancy, en région parisienne. Donc la maison que la grand-mère occupe avec les enfants, située au coeur du village juste à gauche de la mairie, est une sorte de location de vacances dans laquelle la famille vient chaque été depuis maintenant six ans.

    Ceux qui ont connu la petite fille Josie à l'époque se souviennent qu'elle avait une imagination débordante et racontait tout le temps des histoires extravagantes. Mais ce qui se passait à l'intérieur de la maison, étrangement, elle préférait ne pas en parler. C'est sa grand-mère qui a fini par lâcher le morceau.
    Au risque de passer pour une folle, Mme Géreau a commencé à parler d'étranges bruits dans la maison. Des bruits vraiment forts, violents même qui semblaient provenir de sous le lit des petits-enfants.
    Mais en fouinant, elle s'est aperçue ensuite que ces bruits inconnus venaient peut-être de la cave, ou du grenier, elle ne savait pas vraiment.

    Avec ses mots, la grand-mère a essayé de décrire ces bruits : tantôt, ils étaient réguliers et on aurait dit les pas d'un homme qui marche avec des sabots, tantôt on aurait dit le son de grosses valises qu'on traîne dans tous les sens sur le plancher.
    Au début, la grand-mère a cru à une blague de ses petits-enfants qui dormaient à l'étage, mais les bruits se produisaient alors que Josie et ses deux frères étaient sagement couchés. "C'est pas nous, Mamie, ce n'est pas nous !"

    hors-serie-affaires-mysterieuses_2889871.jpg
    Photo Remi Dugne © Rémi DUGNE parue dans L'Eveil de la Haute-Loire

    On ne sait trop comment mais l'histoire s'est ébruitée très vite, dès le lendemain. Il faut dire qu'une histoire de maison hantée, ça excite la curiosité surtout dans un village où il ne se passe rien de trépidant.
    Et puis, la maison en question n'est pas très avenante. Avec ses persiennes rouillées, ses vitres sales, ses herbes folles dans le jardin, c'est un décor parfait pour une histoire fantastique.

    D'abord, les riverains sont sceptiques : est-ce que cette mamie ne serait pas en train de délirer ? Elle a peut-être des troubles auditifs...
    Mais la nuit venue, il faut bien se rendre à l'évidence : les bruits existent bel et bien. Quelques voisins entrent dans la maison mais ne parviennent pas à trouver l'origine des coups.
    Alors certains se disent, c'est un esprit, il n'y a qu'à lui poser des questions et de répondre par un, deux ou trois coups.
    Et le responsable du chahut répond ! Esprit, es-tu là ? Un coup pour oui, deux coups pour non et même jusqu'à six coups, ce qui prouve qu'il sait compter et qu'il n'est pas sourd !
    On notera en passant que lorsque on s'adresse à une âme désincarnée, le tutoiement est de rigueur, on se demande bien pourquoi.

    Après quoi, les gendarmes s'en mêlent, ils fouillent, enquêtent, de la cave au grenier, sans succès. Et ça n'enchante guère notre esprit frappeur, qui garde comme un silence boudeur lorsque la maréchaussée est dans la maison.
    En présence des gendarmes, quelques coups mais plus timides et proportionnels au nombre de galons : la présence d'un simple gendarme réduit le phénomène, celle du maréchal des logis-chef encore plus et c'est presque le silence total en présence d'un officier.

    Autre fait curieux, les bruits se font entendre tous les jours à la même heure entre 22 heures et minuit.
    Une copine de Josie, qui habitait dans la maison à côté, a raconté bien plus tard sur son blog qu'elle avait elle aussi entendu les bruits de sa chambre.

    1956_08_06_Maison_hantee2.jpgDeux jours après le début du phénomène, débarque un jeune ecclésiastique de la région, qui s'est muni d'un magnétophone (très novateur à l'époque puisque dans les journaux de l'époque, on explique ce que c'est). La gendarmerie accepte l'expérience.
    Et quand le prêtre demande "Si je te gêne, dis-le en frappant deux coups", tous, gendarmes, voisins, le maire du village, entendent deux coups très nets.
    Le prêtre insiste : "Si tu préfères que je m'en aille, frappe six coups" et six coups bien distincts résonnent dans la maison... alors que le prêtre s'en va, mortifié.
    L'un des articles de l'époque raconte aussi que le maire de l'époque, M. Edouard Marseille, avait demandé en patois à "l'esprit" de sonner l'Angélus... et l'esprit a fait résonner les coups au rythme de l'Angélus !
    Ce qui laisserait à penser que ledit esprit s'il n'aimait pas les curés avait tout de même une certaine culture religieuse ! Et qu'il était également polyglotte !

    Au bout de quelques jours, selon le journal La Montagne qui avait envoyé des reporters sur place, il y a une bonne cinquantaine de voitures stationnées sur la place de la mairie : on vient de toute la région d'Auzon, de Jumeaux, d'Issoire et d'ailleurs, pour voir le lieu de la hantise et entendre les coups. Le couple qui tient le restaurant du coin se frotte les mains.

    Quant à la grand-mère, qui en a vite assez de se faire harceler, elle verse de temps en temps un seau d'eau sur la tête des plus curieux. Elle se contente de dire aux journalistes que les enfants n'ont pas peur du tout. Ils sont parfaitement équilibrés et se trouvent très bien dans la maison.
    Jour et nuit, de petits groupes de badauds attendent devant la maison et l'histoire fait rire en collectivité. Mais au fond d'eux-mêmes, les gens ne sont pas si rassurés que ça, d'autant que la région abonde en légendes de toutes sortes, à base de revenants et d'apparitions, d'histoires de chiens fantômes, de chats diaboliques et de mobilier qui se déplace tout seul.

    Un écrivain auvergnat, Henri Pourrat, intrigué, s'est rendu à Saint-Martin d'Ollières et il a émis plusieurs hypothèses : et si c'était un ventriloque venu d'un village de la région ? Et qui est ce vendeur de livres consacrés au surnaturel qui est apparu comme par hasard dans le coin ? Ou alors, est-ce que ce serait la grand-mère que certains, mal intentionnés, commencent déjà à traiter de "sorcière" ?

    Mais peu à peu, c'est la petite Josie qui monopolise l'attention. On s'aperçoit que lorsque les coups résonnent, elle semble ailleurs, comme absente... Elle est souvent distraite, rêveuse. Ce sont les gendarmes qui le remarquent et le notent dans leur rapport.
    Et lorsque son père arrive en urgence dans la maison de vacances depuis Drancy, les bruits continuent mais lorsqu'il observe sa fille et ordonne aux bruits de cesser, la maison devient silencieuse, comme si le père avait autorité sur ce « fantôme ».
    En revanche, après son arrivée, les coups ont résonné à à toute heure de la journée, alors qu'avant les coups ne se faisaient entendre qu'entre dix heures du soir et minuit.

    hors-serie-affaires-mysterieuses_2889865.jpgLe dimanche 26 août 1956, la famille Géreau repart à Drancy, laissant la grand-mère sur place pendant encore quelque temps.
    Et là surprise, selon la presse qui a suivi l'affaire dont Le Parisien, il semblerait que le bruit se soit déplacé avec la famille en région parisienne... mais qu'il soit resté aussi encore une nuit à Saint-Martin d'Ollières. La grand-mère entendra les coups plus fort que jamais, durant plusieurs heures et cela lui fera peur.
    Dans les deux endroits, le vacarme disparaîtra ensuite pour toujours, apparemment...

    Que penser de cette histoire ?

    Les faits sont indéniables, ils ont été attestés par de nombreux témoins, tous dignes de foi. Aucun trucage, ni aucune cause naturelle n'ont pu être avancés pour expliquer le phénomène.
    Comme dans beaucoup d'histoires similaires, il y a la présence d'une jeune personne à qui l'on prête un étrange pouvoir. Mais comme je le dis souvent, à supposer que la petite Josiane soit une sorte de "médium" capable de provoquer ces coups, il faudrait encore savoir par quel mystérieux mécanisme son subconscient est capable de produire des effets matériels aussi violents que le piétinement de sabots (c'est ce qu'ont entendu les époux Géreau de retour à Drancy) ou que faire vibrer le plancher...

    C'est vrai que dans les cas de petite hantise, il n'y a pas d'intervention extérieure, c'est la psyché de la jeune personne qui semble déclencher le phénomène.
    Dans le cas de St-Martin d'Ollières, il y a quand même une particularité : les coups ont continué une nuit, alors que la petite Josie était partie. Est-ce elle qui les a déclenchés à distance, ou bien une énergie résiduelle a t-elle brièvement perduré dans la maison (comme une pile qui finit de perdre toute sa puissance) ou bien... est-ce autre chose ?

    Par la suite, la maison n'a plus jamais été louée. Elle est restée fermée plus de 20 ans. Le propriétaire de l'époque l'a revendue et celui qui y habite à présent affirmait encore en 2017 à la presse locale n'avoir jamais eu de problème. Ce qui n'empêche pas les gens du coin de l'appeler le Diable... mais bien entendu, c'est juste pour rire. Les mêmes habitants qui sont persuadés qu'il ne faut jamais chercher à brusquer les esprits.
    Mieux vaut les laisser frapper que chercher à les faire taire....

    Sources 

    • Thibaut Solano, "La petite fille de la maison hantée", L'Eveil de la Haute-Loire, 4 août 2017. Egalement dans le hors-série " L'Auvergne étrange" consacré aux 30 affaires les plus mystérieuses de la région.
    • La Montagne, 7 août 1956 + La Liberté, 3 et 6 août 1956 - 9 septembre 1956. (PDF)
    • L'histoire de la "maison hantée" sur le blog de Pixis, familière de Saint-Martin d'Ollières

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Les Chroniques du Confinement (mars-avril 2020)

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    Si vous en avez raté une ou plusieurs, retour sur les 9 Chroniques du Confinement rédigées en mars-avril 2020.

    1. La disparue qui se cherchait elle-même
    2. La station service de l'I29
    3. Rencontres du 3ème type en 1920 ?
    4. Les naufragés qui s'ignoraient
    5. Que s'est-il passé à Ansacq en 1730 ?
    6. L'étrange personnage de Bourtourault
    7. Le dernier signe du lieutenant Murphy
    8. L'effrayant cimetière du Diable (Russie)
    9. Clinton Road, une route maudite ?

    Bonne lecture !

  • Clinton Road, une route maudite ?

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    En mars 2020, peu avant la période de confinement, j'ai enregistré un Dossier Inexpliqué pour BTLV consacré aux routes maudites. En voici un extrait que j'ai enrichi de photos et d'anecdotes complémentaires.

    Lorsqu'on pense à des lieux maudits, on imagine tout de suite des édifices clos (châteaux, ponts, cimetières…) ou des sites naturels (montagnes, forêts, lacs…) mais moins des voies de circulation. Pourtant, certains chemins, routes, autoroutes ont vraiment une sale réputation. Prenez, par exemple, cette route des Etats-Unis : Clinton Road.

    3. Dead-Mans-Curve.jpgCette route est située dans le New Jersey, à West Milford dans le comté de Passaic. Longue d’une grosse quinzaine de kilomètres du nord au sud, Clinton Road est tout ce qu’il y a de normale… en apparence. Elle n’est pas considérée comme particulièrement dangereuse ou accidentogène. Il y a bien un virage plus risqué que les autres, qui s’appelle d’ailleurs la Courbe de l’Homme Mort (voir photo), mais on n’y enregistre pas d’accident.

    Clinton Road doit également sa notoriété au fait qu’elle détient le feu de circulation le plus long de tous les Etats-Unis : à son extrémité sud, au croisement de la route 23, les usagers doivent attendre 5 minutes en tout, les planificateurs ayant « sacrifié » Clinton Road au profit de la route 23 afin de minimiser les embouteillages aux heures de pointe.

    Clinton Road map.JPGAu-delà de cette anecdote, cette route du New Jersey est en fait réputée pour d’autres raisons. Il s’y produirait, semble-t-il, toutes sortes de phénomènes étranges qui, au fil des années, ont forgé la sale réputation de la route. Au point d’être surnommée la route la plus hantée des Etats-Unis !

    Tout un folklore local s’est ainsi rattaché à cette route. Il faut dire qu’elle traverse une partie plutôt sauvage et peu habitée du New Jersey. Une sorte de grande tâche verte au milieu des zones urbaines. Il suffit de regarder son tracé sur Google Maps pour s’en rendre compte. Pas de village, quelques riverains ici et là, et c’est tout.

    Clinton Road.JPG

    Parcourir Clinton Road, surtout de nuit, c’est d’une certaine manière quitter provisoirement la quiétude rassurante de la civilisation. En tout cas, toutes sortes de rumeurs circulent, on dit que le long de la route ont eu lieu des rassemblements de sorcières, de confréries satanistes et même du Ku Klux Klan !

    Il est vrai qu’il a existé près de Hank’s Pond à l’est de Clinton Road un étrange édifice, le Cross Castle. Bâti en 1907 par un retraité richissime du nom de Richard James Cross pour sa femme et ses trois enfants, cet édifice de 40 pièces est tombé en ruine plus tard au XXème siècle, partiellement détruit par un incendie

    clinton24.jpgAbandonné, il est devenu une destination prisée par les randonneurs et les adolescents en quête d’émotions fortes ou d’un endroit isolé pour faire la fête.

    Selon Weird NJ, il se passerait des phénomènes étranges à l’intérieur ou près du site du château. Des visiteurs seraient saisis de convulsions ou auraient des visions troublantes. Sur les murs intérieurs du château, des symboles sataniques apparaîtraient de temps à autre, notamment dans des parties... hors d'atteinte des visiteurs.
    Considérées comme une nuisance par les autorités, les ruines du château ont été rasées le 28 juillet 1988 par le service des eaux de Newark mais il demeure encore possible d’accéder aux fondations du château par un chemin.

    Clinton_Road_ore_smelter.jpgUn autre édifice qui attire les curieux, c’est le Clinton Furnace, au croisement de Clinton Road et de Old School Road. Certains, trompés par cette structure en pierre conique, l’ont pris pour un temple druidique où les druides locaux pratiquaient des rituels secrets qui ne devaient pas être vus par les communs des mortels.
    Pure légende, bien entendu.
    En réalité, il s’agit des restes d’une ancienne fonderie de fer (voir photo) construite en 1826. Les autorités du New Jersey l’ont fait inscrire comme monument historique sur le National Register of Historic Places le 18 juin 1976.
    De nos jours, le Clinton Furnace est protégé par une clôture afin d’empêcher les curieux de trop s’en approcher et de éventuellement se blesser.

    Pour les gens de la région, Clinton Road serait aussi l’endroit où la mafia locale (les cousins des Sopranos ?) viendrait se débarrasser des corps de ses victimes. Cette réputation non attestée proviendrait d’une seule affaire criminelle, sordide et authentique, qui s’est déroulée en 1983.

    Clinton Rd Google maps.JPGCette année-là, en mai, un cycliste qui arpentait la route découvre un corps humain après avoir aperçu un vautour en train de s’agiter dan l’un des bois qui bordent Clinton Road.
    L’autopsie révèle que l’homme est mort d’un acte criminel et chose étrange, on découvre des cristaux de glace dans les vaisseaux sanguins irriguant son cœur. Ses organes internes se sont également décomposés plus lentement que sa peau. Les médecins légistes en concluent que le corps a été gelé après sa mort pour faire croire aux enquêteurs qu’il est décédé plus tardivement que dans la réalité.

    La victime est identifiée comme gravitant autour des activités de la mafia du comté de Rockland et l’enquête mène finalement en 1986 à l’arrestation d’un homme originaire du New Jersey, Richard Kuklinski, très vite surnommé The Iceman, qui avoue être l’auteur du crime.

    Pick up noir.JPGCôté paranormal, ce n’est pas triste non plus entre les prétendues apparitions de fantômes et de créatures étranges.

    L’une des histoires que l’on raconte le plus souvent, c’est celle d’un mystérieux pick-up noir qui surgirait la nuit, prendrait en chasse les automobilistes isolés, en leur faisant des appels de phare et en essayant de les expulser de la route, pour finalement disparaître comme par magie. 

    6. Camaro.jpgDans le même genre, on raconte que le fantôme d’une Camaro sillonnerait la route la nuit, pilotée par une jeune fille qui serait morte écrasée en 1988.Une simple mention de la fille ou de la Camaro la nuit en roulant sur Clinton Road est censée déclencher la manifestation paranormale… Si vous passez par là, vous pourrez toujours essayer !

    Sur cette route très spéciale, il est aussi question de créatures hybrides, étranges, de « chiens de l’enfer » et de singes, qui auraient été vus la nuit. Il se pourrait qu’il y ait une explication rationnelle à cela car dans les années 70, il y avait dans cette zone une sorte de parc d’attraction Jungle Habitat (fermé en 1976) dont une partie des animaux aurait pu fuir dans les bois et se reproduire en se croisant avec des espèces locales.

    4. Clinton-road.jpgIl n’en demeure pas moins que certains voyageurs dans la région rapportent avoir vu sur le bord de la route des gens habillés bizarrement qui regardent simplement ceux qui les voient et ne parlent pas. Parfois, ces personnes disparaissent ou ne sont apparemment pas vues par tous les témoins.

    On ne compte plus non plus les signalements de gens ayant ressenti un sentiment de malaise ou de peur grandissante lorsqu'ils roulaient sur la route, au point parfois de faire demi-tour.

    7. Pont Enfant Fantôme.jpgL’autre spot paranormal de la Clinton Road, ce serait l’un des ponts traversés, celui que l’on a baptisé le Pont de l’Enfant Fantôme (voir photo).
    Le fantôme en question serait celui d'un garçonnet qui s'y serait noyé alors qu'il nageait sous l'eau ou (selon une autre version) qui serait tombé alors qu'il était assis sur le rebord du pont.

    La légende voudrait que si on jette une pièce dans la rivière en contrebas à minuit, cet enfant mort la renvoie dans la minute…
    Dans certains récits, les témoins affirment avoir vu le petit garçon. Dans d’autres, le fantôme pousse le témoin dans l'eau si elle ou lui regarde un point précis du pont…Bref, ce n’est pas forcément un endroit où stationner longtemps.

    636328899467417528-tp3-8124881.jpgEnfin, parmi les histoires que l’on raconte, figure celle des fantômes de Terrace Pond, un lac perdu au milieu de la forêt et accessible en 45 minutes à l'est de Clinton Road par un sentier de randonnée.
    Une nuit qu’il campait avec des amis près de Terrace Pond, un homme fit la rencontre de deux gardes forestiers. Peu après, il apprit que les hommes en question étaient deux gardes morts accidentellement sur les lieux en 1939…

     

     

    Clinton Road entrance.JPG
    L'entrée nord de la route vers West Milford

    Arbre bizarre.JPG
    En remontant Clinton Road avec Google Maps, j'ai remarqué cet arbre étrange couvert de signes.
    Je penche pour un petit mémorial rappelant un accident de la route tragique (mais la route est droite...)

    Entrée riverain.JPG
    Un halo étrange que je ne m'explique pas, à l'entrée du chemin de l'un des rares riverains (photo Google Maps)

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  • Le dernier signe du lieutenant Murphy

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    C'est une histoire vraie, celle d'une incroyable synchronicité, qui est arrivée à la famille Murphy endeuillée par la perte de leur fils Michael. C'est aussi l'histoire d'un héros.

    Aimé et respecté de tous, Michael Murphy était un militaire américain, titulaire du grade de lieutenant dans l'unité des SEALS, la principale force spéciale de la marine de guerre américaine (la fameuse US Navy).
    En 2005, il fut envoyé dans les montagnes d'Afghanistan, pour y diriger une mission de reconnaissance chargée de recueillir des informations sur un chef terroriste local.

    Mais son équipe de quatre hommes et lui ne purent mener leur mission à son terme. En effet, ils furent attaqués par des éleveurs de chèvres locaux qui indiquèrent ensuite leur position aux talibans.
    Les cinq soldats se sont retrouvés alors dans un combat terrible avec des troupes ennemies plus nombreuses.
    Dans le feu de l'action, le lieutenant Murphy s'est exposé au feu ennemi pour envoyer un message radio à son quartier général et obtenir de l'aide. Hélas, il a été mortellement blessé.

    main-qimg-9b26986e2bc61335d439279145fed72b[1].jpgLe sacrifice de Murphy du 28 juin 2005 pour que ses hommes aient une chance de survivre a valu au soldat la Medal of Honor décernée à titre posthume par le président G.W. Bush le 22 octobre 2007, la première remise depuis la guerre du Vietnam. De nombreux sites (rues, parcs, etc.) portent désormais le nom de Murphy aux Etats-Unis.
    D'ailleurs, peut-être que vous connaissez cette histoire, qui a donné lieu en 2013 au film "Lone Survivor" ("Du sang et des larmes" en français) de Peter Berg avec Mark Wahlberg et Eric Bana.

    Mais c'est lors de ses funérailles au cimetière national de Calverton le 13 juillet 2005 qu'il s'est passé un événement inattendu. Après la cérémonie, Dan et Maureen Murphy, dévastés par le chagrin, étaient en train de regagner leur véhicule.
    Soudain, le téléphone de Maureen a bipé. Elle n'avait pas la tête à consulter son téléphone à ce moment-là mais par réflexe, elle a quand même regardé l'écran. Elle a vu qu'elle venait de recevoir un message, qu'elle a ouvert...

    “Momma, home safe and sound. Mike”

    (Maman, à la maison, sain et sauf. Mike)

    Les mains de Maureen se sont mises à trembler. D'émotion, elle a lâché son téléphone qu'elle a ramassé ensuite. Le message était toujours là. Elle l'a montré aussitôt à Dan pour qu'il constate son existence. L'un et l'autre se sont alors tournés l'un vers l'autre et se sont souri malgré leur chagrin.

    Le SMS de Murphy ne venait pas de l'au-delà, du moins pas directement. Au fil des années, le militaire avait pris l'habitude d'appeler ou de texter ses parents à chaque fois qu'il arrivait à une nouvelle destination, c'était sa manière à lui de leur faire savoir que tout allait bien de son côté.
    Et, vérification faite, il a bien émis le SMS qu'a reçu sa mère, mais plusieurs mois auparavant alors qu'il arrivait à son lieu d'affectation à Hawaï.

    Ce qui demeure inexpliqué, c'est pourquoi ce SMS a mis autant de temps pour être envoyé et par quelle coïncidence il est parvenu à sa destinataire à un moment aussi douloureux, avec un message qui prenait instantanément une nouvelle signification.
    Quoi qu'il en soit, Dan et Maureen Murphy, fervents catholiques, ont interprété cet ultime message comme le signe que leur fils était bien arrivé dans son foyer éternel.

    Cette histoire a été racontée dans un documentaire consacré à Michael Murphy intitulé "Murph the Protector".

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  • L'étrange personnage de Bourtourault

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    Voici une curieuse histoire, trouvée par hasard lors de recherches sur tout autre chose, qui a été publiée dans L'Ouest Eclair du 10 avril 1910 dans un court paragraphe intitulé "Un village hanté !"

    Melle.JPG

    Encore un petit village très tranquille, Mellé (Ile-et-Vilaine), dont la carrière des Beurrières a fourni les pierres en granit du pont Alexandre-III à Paris.
    A l'ouest de cette localité, dans un hameau nommé la plaine de Bourtourault (orthographié Bourtoureaux dans l'article de l'époque), il y eut début avril 1910 une agitation inhabituelle.
    L'Ouest Eclair raconte que depuis huit jours, la jeune servante de M. Juvigné (le propriétaire du hameau ou d'une des maisons, ce n'est pas précisé) a remarqué la présence d'un étranger rôdant dans les environs, tantôt habillé en homme ... et tantôt en femme.

    Cet étrange personnage, aux allures bizarres, demandait à parler à M. Juvigné mais prenait toujours soin de s'éclipser au moment où quelqu'un (Juvigné ou l'un de ses voisins) faisait son apparition.
    La servante s'inquiéta de ces apparitions qui reprenaient chaque jour à la nuit tombée. Elle raconta l'histoire aux villageois qui, convaincus de sa sincérité, s'en effrayèrent au point de s'armer aussitôt de fourches, de faux et de fusils.
    Depuis peu, précise l'article, ils montent la garde à tour de rôle. Mais le "fantôme", pas né de la dernière pluie à l'évidence, attend toujours que les sentinelles soient allées se coucher pour faire une apparition fugace.
    L'Ouest-Eclair indique enfin que "l'aventure n'est point finie" et que dans le reste de la commune, on ne prend pas l'affaire au tragique...

    Mon commentaire
    Les informations sont trop parcellaires et lointaines pour pouvoir se prononcer sur ce qui ressemble à une anecdote de l'étrange.
    Qui a vraiment vu ce personnage fantôme hormis la servante ? A quoi ressemblait-il vraiment ? Comment s'est terminée cette histoire ? Cet endroit était-il réputé pour des phénomènes inhabituels ou inexpliquées ?
    On l'ignore. Je n'ai pas trouvé d'autre article ou de chronique prolongeant le récit de ce cas et nous donnant le fin mot de l'histoire.

    Apparemment, le "fantôme" parlait puisqu'il a formulé le souhait de voir M. Juvigné, ce qui ferait quand même pencher pour un personnage humain.
    Le fait que l'apparition soit habillée soit en homme, soit en femme est plutôt étonnante. Je ne connais pas de témoignage sur des fantômes qui changeraient de costume au gré de leurs envies...  Y-a-il eu méprise de la part de la jeune servante ?
    Il aurait fallu c'est vrai, en savoir davantage sur celle-ci, sur sa personnalité. Etait-elle imaginative, convaincante au point de pouvoir déclencher une mini hystérie collective autour d'elle ?
    Si quelqu'un dispose de détails complémentaires sur cette histoire du début du XXème siècle, je suis preneur !

    Sources

    • L'Ouest Eclair, "Un village hanté", 10 avril 1910.
    • Mellé, fiche Wikipedia.

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  • Que s'est-il passé à Ansacq en 1730?

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    Map_commune_FR_insee_code_60016.pngVoici une histoire tombée dans l'oubli mais hautement curieuse qui eut pour théâtre au XVIIIème siècle la petite localité d’Ansacq. Celle-ci est située dans le département de l’Oise, à 23 km à l’est de Beauvais et à 54 km au nord de Paris. Aujourd'hui, elle compte environ 280 habitants, c’est-à-dire à peu près autant qu’il y a 300 ans, au moment des faits. 

    Le phénomène eut lieu précisément en 1730, et pas une fois mais à trois reprises au moins !

    Cette année-là – nous sommes sous le règne de Louis XV – le village d’Ansacq va être le témoin d’un extraordinaire événement qui demeure inexpliqué à ce jour. Il aura lieu dans la nuit du 27 au 28 janvier 1730, puis se reproduira dans la nuit du 9 au 10 mai, et enfin le 31 octobre, entre neuf et dix heures du soir, toujours en 1730.

    Le curé de Saint-Lucien d’Ansacq va s’investir longuement dans cette histoire et va mener une véritable enquête "à la X-Files". Treuillot de Stoncourt, c’est son nom, est un homme d’Eglise, docteur en théologie, de mentalité plutôt sceptique. Les superstitions, la magie et autres fariboles, ce n’est pas son truc. Mais il n'ignore pas que ses ouailles ont été élevées dans la croyance que les sorciers, le sabbats et les manifestations diaboliques font partie de notre réalité. 

    Ansacq.jpgLe prêtre va cependant prendre le temps de rencontrer les témoins, de les interroger longuement et de réunir leurs récits. Dérangé par l’étrangeté du phénomène et l'évidente sincérité de ses paroissiens, il rédige une sorte de « procès-verbal » et l’envoie au Mercure de France, l’une des grandes revues sérieuses de l’époque. Son texte sera publié en décembre 1730. Et c’est grâce à lui que cette histoire étrange nous est parvenue.

    Alors que raconte notre curé de Saint-Lucien d’Ansacq ?              

    Durant ces nuits-là, en janvier, en mai et en octobre 1730, un grand nombre de témoins, dignes de foi, affirment avoir entendu dans le ciel «une multitude prodigieuse comme de voix humaines de différents tons, grosseurs et éclats, de tout âge, de tout sexe, parlant et criant toutes ensemble, sans néanmoins que ces particuliers aient pu rien distinguer ce que ces voix articulaient ».

    Le prêtre ajoute dans son rapport que parmi cette confusion de voix, certaines poussaient des "cris lugubres et lamentables, comme des âmes en peine", d’autres des cris de joie, comme si des gens s’amusaient. Et plusieurs témoins affirment avoir clairement distingué les sons de différents instruments de musique s'ajoutant au tintamarre.

    Voici quelques témoignages édifiants parmi la bonne quinzaine qu’a recueilli le prêtre. D’abord celui, dans la nuit du 27 au 28 janvier, du laboureur Charles Descoulleurs et de son frère François, qui revenaient de Senlis. Ils n’étaient arrivés que vers deux heures du matin près du parc d’Ansacq. Ils s’entretenaient de leurs affaires lorsqu’ils furent "interrompus par une voix terrible, qui leur parut éloignée d’eux d’environ vingt pas ".

    A ce moment-là, une autre voix semblable à la première répondit de l’autre extrémité du village et, sitôt après, d’autres voix se firent entendre entre les deux premières. Charles Descouleurs a raconté qu’il n’a pas pu comprendre leur jargon mais qu’il a clairement reconnu «des voix de vieillards, de jeunes hommes, de femmes ou de filles et d’enfants, et parmi tout cela les sons de différents instruments».

    Ansacq_(60),_GR_124_à_l'ouest_du_village_1.jpgPour lui, certains des sons venaient de très haut dans le ciel, d’autres étaient à hauteur d’homme, quelques-uns semblaient même sortir de sous la terre. Les deux hommes étaient des campagnards, familiers des bruits nocturnes de la nature et, clairement, ce n’étaient pas des cris d’oies sauvages, de canards, de hiboux, de renards ou de loups.
    Ce vacarme a duré une bonne demi-heure et les deux frères avaient du mal à s’entendre en parlant très fort.
    Puis, selon eux, tout s’est arrêté par "une salve d’éclats de rire, comme s’il y eût eu trois ou quatre cents personnes qui se missent à rire de toute leur force ". Il faut préciser que ce soir-là, les deux frères étaient à jeun.

    On pourrait néanmoins se dire qu’ils ont halluciné, mais la même nuit, Louis Duchemin, un marchand de gants, et Patrice Touilly, un maître maçon, qui se rendaient à Beauvais pour y être à l’aube, se trouvèrent vers deux heures du matin au-dessus de la côte opposée à celle où étaient les frères Descoulleurs à la même heure.
    Et eux aussi entendirent le même boucan, au point que, saisis de peur, ils songèrent à revenir sur leurs pas. Sauf qu’il aurait fallu passer à l’endroit où ces voix se faisaient entendre, donc, peu rassurés, ils préférèrent poursuivre leur voyage en s’en éloignant. Ils entendirent ce qu’on allait nommer plus tard la « troupe aérienne » pendant une demi-lieue de chemin, deux bons kilomètres donc, de plus en plus faiblement ensuite.

    Un autre Descoulleurs, Claude, ancien pensionnaire de feu le duc d’Orléans, entendit le bruit au mois de janvier. Mais, je cite encore le curé, « comme il faisait froid, il ne s’était pas levé. (…) Le bruit était si grand et si extraordinaire que quoi qu’il fût bien enfermé, il n’avait pas laissé d’être effrayé et de ressentir dans toutes les parties de son corps un certain frémissement, en sorte que ses cheveux s’étaient hérissés ".
    Au mois de mai, le même Descoulleurs entendit encore les bruits qui l’éveillèrent en sursaut : "Il s’était levé sur-le-champ, mais, tandis qu’il s’habillait, la troupe aérienne avait eu le temps de s’éloigner, en sorte que quand il fut dans sa cour, il ne l’avait plus entendue que de loin et faiblement ".
    Claude Descoulleurs a comparé le bruit à celui produit par la foule dans une foire, dans les halles de Paris un jour de grand marché ou encore celui qu’on entend dans les salles du palais avant l’audience, avec, en plus, les sons des violons, des basses, des hautbois, trompettes, flûtes, tambours, etc. Comme un énorme brouhaha avec des notes de musique.

    Alexis Allou, le clerc de la paroisse d’Ansacq, lui, crut qu'un incendie s'était déclenché dans le village d'Ansacq. Il s’est levé précipitamment puis, prêt à sortir, il a entendu "passer devant sa maison une multitude innombrable de personnes, les unes poussant des cris amers, les autres des cris de joie, et parmi tout cela les sons de différents instruments", il fut saisi d’un frisson de peur et a préféré se recoucher.

    Ansacq_(60),_Grande_Rue_1.jpgOn dispose aussi des témoignages similaires des laboureur Nicolas de La Place et Nicolas Portier, et du garçon marchand Antoine Le Roi, qui ont raconté, je recite le curé d’Ansacq : "le bruit était si grand et si affreux que leurs chiens qui étaient couchés dans la cour pour la garde de la maison, en avaient été tellement effrayés que, sans pousser un seul aboiement, ils s’étaient jetés à la porte de la chambre de ladite maison, la mordant et la rongeant comme pour la forcer, l’ouvrir et se mettre à couvert".

    Le curé d’Ansacq mentionne encore de nombreux témoignages qui concordent tous et surtout il avoue sa perplexité. Il n’a aucune explication à avancer pour ce phénomène extraordinaire et donc voudrait bien en obtenir une. Il écrit : "Serait-il possible que tant d’oreilles eussent été enchantées, pour ainsi dire, pour croire entendre ce qu’elles n’entendaient pas ? C’est ce que je ne saurais jamais m’imaginer…»

    Ce qui est intéressant, c’est qu’après la publication du texte du prêtre, un homme de lettres ayant une charge dans la justice de la ville voisine de Clermont racontera que lui aussi, une nuit qu’il traversait le village d’Ansacq pour s’en retourner à Clermont, la ville voisine, il a entendu ce bruit formidable dans le ciel... mais c’était quinze ans plus tôt, en 1715, l’année de la mort de Louis XIV ! A l’époque, il n’avait rien dit de peur qu’on le prenne pour un «visionnaire», une sorte de sorcier voyant.

    Quelle interprétation ?

    Ce n'est pas évident de proposer une explication rationnelle à ce fait de nature merveilleuse. On sait que le concept d’hallucination collective est une vue de l’esprit et les témoins racontent tous peu ou prou la même chose. Il n’y a pas non plus de phénomène météorologique connu qui produise ce genre d’effets.

    C’est d'ailleurs un phénomène assez unique en son genre. Uniquement sonore, puisqu’il n’a pas été accompagné de lumières, d'éléments matériels ou d’odeurs particulières. Une énorme illusion auditive, mais qui semble se déplacer alors que les témoins ne bougent pas… et dont les fréquences terrifient les animaux, au moins les chiens. Mais, une fois le phénomène disparu (d'ailleurs, il ne s'est jamais reproduit), les humains n’ont pas noté de séquelles, de troubles quelconques…

    Le seul rapprochement que je pourrais faire, c’est avec l’illusion sonore des deux Anglaises en 1951 à Dieppe qui avaient entendu toute une nuit le vacarme du raid militaire meurtrier qui s’était déroulé... neuf ans plus tôt (voir mon livre "Affaires Etranges", chapitre 15).
    Est-ce possible que par un mécanisme totalement inconnu, les habitants d’Ansacq aient pu entendre les sons soit d’un événement à distance, soit d’un lointain passé ? Pour ce que l’on en sait, il n’y avait aucun événement aussi bruyant avec autant de monde, en pleine nuit, à des lieues à la ronde? Aucun témoin n'a parlé non plus de vents qui auraient pu porter le son sur une longue distance....
    Alors, les réminiscences d’un événement historique d'un lointain passé ? Une bataille antique ? Mais laquelle mêlerait des rires, des gémissements et de la musique ? Et aussi fort et aussi longtemps ?

    Pour conclure, il faut souligner la démarche rigoureuse de Treuillot de Stoncourt, le curé, qui s’est bien assuré que la plupart des témoins n’entretenait pas de relations entre eux et qu’ils n’avaient pas fomenté une sorte de tromperie pour le ridiculiser, voire se ridiculiser eux-mêmes.
    Et l'homme d'Eglise a pris soin, avant d’envoyer son texte au Mercure de France, de le soumettre à quelques connaissances éclairées et érudites de l’Académie des Sciences. C’est plutôt atypique à une période où l'on met encore les phénomènes inexpliqués sur le dos du Diable. Il invente même un néologisme pour désigner ce phénomène qu’il baptise « akousmène » (l’histoire n’a pas retenu ce terme, on pourrait le réhabiliter).
    Selon lui, les akousmènes sont des phénomènes sonores qui ne peuvent être entendus que dans une zone limitée et que par quelques personnes seulement. En tout cas, comme nous, il n’a pas reçu d’explication satisfaisante sur la nature et la cause de ce phénomène merveilleux.

    Sources :

    • Le Mercure de France, décembre 1730.
    • Revue Spiritualiste, 2ème livraison, 1862.
    • Guide de l'Ile de France Mystérieuse, Les Guides Noirs Tchou, 1968.

    J'ai raconté cette histoire lors d'un live BTLV en avril 2020.

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  • Rencontre du 3ème type... en 1920 ?

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    C'est l'ufologue Joël Mesnard, éditeur entre 1988 et 2014 de la revue Lumières dans la Nuit, qui a rapporté ce témoignage étonnant. En 1973, il a recueilli en Dordogne le récit de Mesdames Louise Talbot et Marie Boussarie. 53 ans plus tôt, en 1920, ces deux personnes étaient les soeurs Grasset et elles ont vécu une aventure dont elles ont conservé un souvenir vivace.

    Si la date précise s'était perdue dans les limbes de leur mémoire, elles se souviennent que c'était de nuit à la belle saison, certainement un samedi ou un dimanche soir. Avec d'autres jeunes gens de leur âge, elles revenaient d'un bal de campagne et rentraient chez elles, au lieu-dit La Boucherie.

    Les deux soeurs ont rappelé à Joël Mesnard qu'à l'époque, il y avait encore beaucoup de jeunes dans les campagnes et que les soirs de bal étaient une distraction très prisée. Dans les zones isolées de Dordogne, les véhicules motorisés étaient très rares, donc tout le monde circulait à pied, le long de petites routes semblables à des chemins.

    La Lègerie 2.JPGLes deux soeurs Grasset marchaient donc la nuit avec quelques autres amis. Ils se trouvaient entre Samoulies (ou Chamouilley) et la Lègerie, près de Nontron.
    Peu avant de rejoindre La Lègerie, le petit groupe s'engagea dans une côte quand soudain, dans le ciel au-dessus d'un bois, à une distance que les soeurs estimèrent entre cent et deux cent mètres, les jeunes gens assistèrent à un spectacle hors du commun : plusieurs créatures de petite taille se déplaçaient dans les airs, et émettaient des sonorités musicales. Comme l'on dit les deux soeurs, on voyait "leurs petites jambes qui bougeaient... Elles étaient environnées de boules lumineuses et de lueurs donnant à l'ensemble un aspect féerique".

    Joël Mesnard précise qu'il n'a pas été possible, en 1973, de retrouver les autres témoins. Selon lui, la jeune Louise, âgée de 16 ans, n'a pas prêté plus d'intérêt que ça à l'apparition. Mais sa soeur Marie, "plus imprégnée d'éducation religieuse", l'aurait interprétée comme une apparition angélique.

    Mon commentaire

    C'est un témoignage intéressant car les observations de phénomènes aériens inconnus sont très rares dans les années 1920. Joël Mesnard lui-même avait rencontré un témoin sur une affaire de... 1919 (le témoin avait 13 ans à cette époque, 67 ans en 1973). Certes, il est question de boules lumineuses. Pour autant, peut-on vraiment parler d'ufologie ? Hormis les énigmatiques créatures, les témoins n'ont pas vu d'objet volant s'apparentant de près ou de loin à un ovni.

    Etang La Lègerie.JPGSur le témoignage lui-même, il est forcément lacunaire au regard du grand âge des témoins qui racontent une histoire survenue 53 ans plus tôt... Les détails font défaut : combien de temps a duré l'observation ? Les témoins ont-ils tous vu la même chose ? Se sont-ils approchés ? Avaient-ils bu à la soirée de bal ? A l'époque, avaient-ils une bonne vue ? etc.
    Les deux soeurs affirment avoir vu les "jambes des petites créatures", de nuit, à une distance supérieure à cent mètres. Est-ce plausible ? Les "créatures" en question ne faisaient-elles pas des mouvements ondoyants laissant imaginer qu'elles avaient des "jambes" ?

    Sur la zone, quelques précisions après vérification sur Google Maps : la "rencontre" se serait faite en réalité entre les lieux-dits Les Simoulies et la Lègerie, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Nontron. Nous sommes sur le territoire de Pensol, en Haute-Vienne. Il y a bien un chemin entre ces deux petits hameaux. Les deux soeurs rentraient chez elles plus au sud à la Bucherie (et non à la Boucherie). Cela n'apporte pas grand chose à l'interprétation, j'en conviens, juste un peu de précision.
    En revanche, sur la carte de la zone, j'ai remarqué la présence entre Les Simoulies et la Lègerie de deux étangs, dont l'un est longé par le chemin qu'ont emprunté les deux soeurs.

    J'émets donc l'hypothèse, et cela ne reste qu'une hypothèse, que les deux soeurs et leurs amis auraient peut-être vu, non pas des créatures féeriques mais simplement... des feux follets.

    Tulilautta3.jpgDécrit depuis longtemps (mais peu étudié et très rarement filmé), le feu follet est une manifestation lumineuse, due à l'émanation de gaz et ayant l'apparence d'une petite flamme sans fumée qui ne brûle pas son environnement. C'est le plus souvent une lueur pâle de couleur bleutée, parfois jaunâtre ou vermillon, en forme de flammèche qui flotte dans l’air à une faible hauteur au-dessus du sol ou de l’eau. La lumière semble vacillante et diffuse, ce qui peut évoquer une forme de vie. Certains feux follets durent quelques dizaines de secondes, et très rarement plusieurs minutes. Dans l'imaginaire populaire, ce seraient des esprits malins ou des âmes en peine venues hanter les forêts désertes, les cimetières... et les marécages.

    Et justement, les feux follets ont été souvent observés autour des marais. Comme ceux situés entre les deux lieux-dits. A supposer que les deux soeurs aient observé en réalité des feux follets, ils resteraient à expliquer les sonorités musicales qu'elles affirment avoir entendu.
    Car, dans l'état de nos connaissances, les feux follets sont silencieux...

    Source : Joël Mesnard, Les apparitions d'ovnis, Le Mercure Dauphinois, 2016, p. 200

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  • Non, Dean Koontz n'a pas prédit le Coronavirus... et Astérix non plus !

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    Les faits
     
    Depuis la mi-février, de nombreux internautes relaient sur les réseaux sociaux des extraits d'un roman de Dean Koontz de 1981 intitulé "Les yeux des ténèbres". Dans ce livre, l'auteur imagine l'apparition d'un virus capable d'anéantir toute l'humanité.
    Ce qui a retenu l'attention des internautes, c'est le nom du virus: Wuhan-400. (Wuhan est, pour rappel, le berceau du coronavirus COVID-19 qui sévit actuellement sur la planète et qui a fait 2981 morts au 29 février 2020).
    Une autre constatation relayée par les réseaux : lorsque le livre a été publiée en 1981, le virus ne portait pas ce nom, il s'appelait "Gorki-400". Il a donc été modifié à l'occasion d'une réédition en 2020. Enfin, dernière coïncidence : une phrase d'une autre page semble indiquer que le virus du roman aurait envahi la Terre "aux alentours de 2020".
     
    Darren.PNGCette rumeur a été lancée en premier, semble-t-il, le 16 février 2020 sur Twitter par un certain Darren de Plymouth.
    Le même jour, un leader du Congrès indien, du nom de Manish Tewari, a cité le roman (comme une source d'information ??) pour soulever l'hypothèse que le virus serait une arme biologique des Chinois... (lire ici)
     
    Ce que j'en pense
     
    Ayant lu pléthore de romans de Dan Koontz dans les années 80/90, j'ai été forcément intrigué par cette rumeur. Et autant le dire tout de suite, cette "révélation" ne tient pas la route. 
     
    ERqDkLcUwAA10tj.jpgDeux textes qui n'ont rien à voir
    Commençons par la page qui parle de 2020... On y voit un passage entouré en orange : "In around 2020 a severe pneumonia-like illness will spread throughout the globe, attacking the lungs and the bronchial tubes and resisting all known treatments.”
    Il faut être vraiment myope ou de mauvaise foi pour voir que ce texte n'a rien à voir avec le roman de Koontz : la typo des caractères est différente et surtout on s'aperçoit tout de suite que ce n'est pas un texte de fiction, mais un essai.
    En fait, ce passage provient du livre "End of Days: Predictions and Prophecies About the End of the World" écrit en 2009 par une médium du nom de Sylvia Browne. Celle-ci a t-elle prédit l'arrivée du coronavirus ? Peut-être mais ce genre de prédiction catastrophique est largement répandu dans les livres de "prédictions"... et peut s'appliquer à bien des événéments. En cherchant bien, on doit pouvoir trouver des messages similaires chez Nostradamus. Peu importe, le fait est que cette page n'a absolument rien à voir avec le roman de Koontz, ce qui n'a pas empêché de petits malins de laisser croire que c'était une seule et même source.
    Revenons maintenant au roman "Les yeux dans les ténèbres". Notons d'abord que Koontz n'est pas le premier, ni le seul à écrire une histoire contenant un virus mortel pour l'humanité. D'autres que moi auront peut-être envie de faire la recherche, mais il n'est pas exclu qu'il existe plusieurs romans d'anticipation avec des similitudes encore plus troublantes.
     
    Le nom Wuhan-400
    Certes, Koontz a bien écrit un roman dans lequel il décrit un virus qui s'appelle Wuhan-400. Et lorsque le livre a été publié en 1981, le virus ne portait pas ce nom, il s'appelait "Gorki-400".
    Etrange ? Pas tant que ça, lorsqu'on sait que la première version de 1981 fut publiée sous le pseudonyme de Leigh Nichols en pleine guerre froide et que le "méchant d'en face" était russe.
    Ensuite, la première réédition sous le nom de Dan Koontz ne date pas de 2008 comme on le voit indiqué partout, mais de 1989 (source Reuters) et la première mention du nom Wuhan-400 de 1996... 
     
    1eye.jpgSeul le romancier lui-même pourrait nous expliquer la raison de son choix et Reuters, notamment, cherche à le joindre à l'heure où j'écris ces lignes.
    Mais je suis prêt à parier qu'à l'occasion de cette réédition sous son vrai nom, Koontz a fait une révision de son roman. Et la Guerre Froide s'évaporant, il a fait comme tous les romanciers et scénaristes américains de l'époque, il a changé de "méchant". Et donc il a réorienté l'intrigue vers la Chine. Lorsqu'il a fallu trouver un nom chinois au virus, il a dû regarder quelle grande ville était réputée pour ses laboratoires et il est peut-être tombé sur Wuhan dont le fameux institut de virologie existe depuis 1956... En plus, Wuhan, d'un point de vue de romancier, franchement, ça sonne pas mal.
     
    Pas tant de similitudes que ça
    Si l'on regarde en détail ce que raconte Koontz, en fait "son" virus n'est pas si ressemblant que ça avec le Covid-19. Contrairement à ce dernier qui a surgi en décembre 2019 sur un marché de Wuhan où se font des ventes illégales d'animaux sauvages, le virus imaginé par le romancier américain a lui été créé en laboratoire par des communistes chinois pour éradiquer leurs opposants politiques.
     
    D'autres différences existent entre la réalité et le virus du roman, comme par exemple le temps d'incubation (4 heures dans le cas du virus de fiction, 14 jours au moins pour le coronavirus) ou bien son taux de mortalité (quasi 100% pour le virus Wuhan-400, de 2 à 3% pour le vrai coronavirus) ou sa transmission inter-espèces (juste chez les humains dans le roman, d'une chauve-souris probablement vers l'homme en réalité).
    Idem pour les effets : le virus de Koontz libère une toxine qui dévore les tissus du cerveau, alors que le Covid-19 déclenche fièvre, toux et difficultés respiratoires pouvant aller jusqu'à la pneumonie et troubles sévères de la respiration.
     
    Je vois bondir d'ici les complotistes (qui, le plus souvent, ne savent même pas faire la différence entre une virus et une bactérie) persuadés contre vents et marées que c'est une arme biologique sortie volontairement ou non du fameux laboratoire P4 de Wuhan. L'OMS a déclaré officiellement lors d'une conférence de presse que le virus venait d'un animal et qu'il n'y avait aucune preuve qu'il était issu d'un laboratoire. On révisera notre jugement si de nouveaux éléments sont produits prochainement pour ou contre cette théorie.
    Au passage, je ferai remarquer que si le Covid-19 était une arme biologique sortie d'un laboratoire, il a été conçu par des amateurs parce que son efficacité est quand même limitée...
     
    Et Astérix dans tout ça ?
     
    Coronavirus Astérix.jpgDans la même période, des internautes ont trouvé dans la BD d'Astérix de 2017 intitulée "Astérix et la Transitalique" qu'un pilote de char romain s'appelait Coronavirus. Et ils y voient donc une autre "prédiction" de l'arrivée du virus.
    Apparemment, ces mêmes internautes doivent s'informer dans Closer ou sur la chaîne Youtube de Norman pour ne pas avoir le moindre grain de bon sens. Le terme de coronavirus existe depuis des décennies, on ne vient pas de l'inventer.

    Si je suis le scénariste d'Astérix et que j'ai besoin de trouver de nouveaux noms de personnages à consonance gauloise ou romaine (finissant par "ix" ou par "us"), je vais chercher parmi tous les termes existants et forcément je vais tomber sur "coronavirus", un terme qui d'ailleurs avait été médiatisé en 2003 ou en 2010 lors de l'affaire du H1N1 (des années avant la publication de la BD). Donc rien de stupéfiant à ce que le terme, un peu par hasard, se retrouve au détour d'une page des aventures de nos valeureux Gaulois.
     
    Conclusion

    Dean Koontz a bien imaginé un virus qui s'appelle "Wuhan-400" mais sa description a très peu à voir avec le coronavirus actuel. S'y ajoutent une connexion avec un autre texte qui n'a rien à voir et des similitudes qui n'en sont pas vraiment... 
    Bref, la soi-disant prédiction n'en est pas une, tout au plus une forme de coïncidence et ne mérite pas qu'on s'y attarde davantage.
     
    Statut : expliqué.
     
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  • Non, des aliens n'ont pas guéri des enfants cancéreux en Andorre !

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    On m'a remonté cette histoire bizarre selon laquelle des entités venues d'ailleurs auraient obtenu la guérison d'enfants en phase terminale de cancer dans un hôpital d'Andorre, entre la France et l'Espagne.
    Des rumeurs circuleraient, notamment aux Etats-Unis à ce propos... Qu'en est-il vraiment ?

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  • Valensole, 1er juillet : le rendez-vous ufologique de l'été !

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     C'est l'événement à ne pas manquer en ce début d'été 2018.

    Le 1er juillet, les passionnés d'ufologie sont invités à Valensole pour une journée exceptionnelle commémorant la fameuse rencontre du 3ème type de Maurice Masse en 1965.
    Conférences, dédicaces, animations vont se succéder tout au long de la journée, organisée par le MUFON France en partenariat avec BTLV.

    Lors de la première conférence, j'aurai le plaisir de revenir sur le dossier Valensole en compagnie de Maurice Chaspoul, ami personnel de Maurice Masse.  Au plaisir de vous croiser sur place, au pays de la lavande !

    Découvrir les modalités et le programme de la journée