Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les Dossiers Inexpliqués de Joslan F. Keller - Page 2

  • Que s'est-il passé à Ansacq en 1730?

    Imprimer Pin it!

    Map_commune_FR_insee_code_60016.pngVoici une histoire tombée dans l'oubli mais hautement curieuse qui eut pour théâtre au XVIIIème siècle la petite localité d’Ansacq. Celle-ci est située dans le département de l’Oise, à 23 km à l’est de Beauvais et à 54 km au nord de Paris. Aujourd'hui, elle compte environ 280 habitants, c’est-à-dire à peu près autant qu’il y a 300 ans, au moment des faits. 

    Le phénomène eut lieu précisément en 1730, et pas une fois mais à trois reprises au moins !

    Cette année-là – nous sommes sous le règne de Louis XV – le village d’Ansacq va être le témoin d’un extraordinaire événement qui demeure inexpliqué à ce jour. Il aura lieu dans la nuit du 27 au 28 janvier 1730, puis se reproduira dans la nuit du 9 au 10 mai, et enfin le 31 octobre, entre neuf et dix heures du soir, toujours en 1730.

    Le curé de Saint-Lucien d’Ansacq va s’investir longuement dans cette histoire et va mener une véritable enquête "à la X-Files". Treuillot de Stoncourt, c’est son nom, est un homme d’Eglise, docteur en théologie, de mentalité plutôt sceptique. Les superstitions, la magie et autres fariboles, ce n’est pas son truc. Mais il n'ignore pas que ses ouailles ont été élevées dans la croyance que les sorciers, le sabbats et les manifestations diaboliques font partie de notre réalité. 

    Ansacq.jpgLe prêtre va cependant prendre le temps de rencontrer les témoins, de les interroger longuement et de réunir leurs récits. Dérangé par l’étrangeté du phénomène et l'évidente sincérité de ses paroissiens, il rédige une sorte de « procès-verbal » et l’envoie au Mercure de France, l’une des grandes revues sérieuses de l’époque. Son texte sera publié en décembre 1730. Et c’est grâce à lui que cette histoire étrange nous est parvenue.

    Alors que raconte notre curé de Saint-Lucien d’Ansacq ?              

    Durant ces nuits-là, en janvier, en mai et en octobre 1730, un grand nombre de témoins, dignes de foi, affirment avoir entendu dans le ciel «une multitude prodigieuse comme de voix humaines de différents tons, grosseurs et éclats, de tout âge, de tout sexe, parlant et criant toutes ensemble, sans néanmoins que ces particuliers aient pu rien distinguer ce que ces voix articulaient ».

    Le prêtre ajoute dans son rapport que parmi cette confusion de voix, certaines poussaient des "cris lugubres et lamentables, comme des âmes en peine", d’autres des cris de joie, comme si des gens s’amusaient. Et plusieurs témoins affirment avoir clairement distingué les sons de différents instruments de musique s'ajoutant au tintamarre.

    Voici quelques témoignages édifiants parmi la bonne quinzaine qu’a recueilli le prêtre. D’abord celui, dans la nuit du 27 au 28 janvier, du laboureur Charles Descoulleurs et de son frère François, qui revenaient de Senlis. Ils n’étaient arrivés que vers deux heures du matin près du parc d’Ansacq. Ils s’entretenaient de leurs affaires lorsqu’ils furent "interrompus par une voix terrible, qui leur parut éloignée d’eux d’environ vingt pas ".

    A ce moment-là, une autre voix semblable à la première répondit de l’autre extrémité du village et, sitôt après, d’autres voix se firent entendre entre les deux premières. Charles Descouleurs a raconté qu’il n’a pas pu comprendre leur jargon mais qu’il a clairement reconnu «des voix de vieillards, de jeunes hommes, de femmes ou de filles et d’enfants, et parmi tout cela les sons de différents instruments».

    Ansacq_(60),_GR_124_à_l'ouest_du_village_1.jpgPour lui, certains des sons venaient de très haut dans le ciel, d’autres étaient à hauteur d’homme, quelques-uns semblaient même sortir de sous la terre. Les deux hommes étaient des campagnards, familiers des bruits nocturnes de la nature et, clairement, ce n’étaient pas des cris d’oies sauvages, de canards, de hiboux, de renards ou de loups.
    Ce vacarme a duré une bonne demi-heure et les deux frères avaient du mal à s’entendre en parlant très fort.
    Puis, selon eux, tout s’est arrêté par "une salve d’éclats de rire, comme s’il y eût eu trois ou quatre cents personnes qui se missent à rire de toute leur force ". Il faut préciser que ce soir-là, les deux frères étaient à jeun.

    On pourrait néanmoins se dire qu’ils ont halluciné, mais la même nuit, Louis Duchemin, un marchand de gants, et Patrice Touilly, un maître maçon, qui se rendaient à Beauvais pour y être à l’aube, se trouvèrent vers deux heures du matin au-dessus de la côte opposée à celle où étaient les frères Descoulleurs à la même heure.
    Et eux aussi entendirent le même boucan, au point que, saisis de peur, ils songèrent à revenir sur leurs pas. Sauf qu’il aurait fallu passer à l’endroit où ces voix se faisaient entendre, donc, peu rassurés, ils préférèrent poursuivre leur voyage en s’en éloignant. Ils entendirent ce qu’on allait nommer plus tard la « troupe aérienne » pendant une demi-lieue de chemin, deux bons kilomètres donc, de plus en plus faiblement ensuite.

    Un autre Descoulleurs, Claude, ancien pensionnaire de feu le duc d’Orléans, entendit le bruit au mois de janvier. Mais, je cite encore le curé, « comme il faisait froid, il ne s’était pas levé. (…) Le bruit était si grand et si extraordinaire que quoi qu’il fût bien enfermé, il n’avait pas laissé d’être effrayé et de ressentir dans toutes les parties de son corps un certain frémissement, en sorte que ses cheveux s’étaient hérissés ".
    Au mois de mai, le même Descoulleurs entendit encore les bruits qui l’éveillèrent en sursaut : "Il s’était levé sur-le-champ, mais, tandis qu’il s’habillait, la troupe aérienne avait eu le temps de s’éloigner, en sorte que quand il fut dans sa cour, il ne l’avait plus entendue que de loin et faiblement ".
    Claude Descoulleurs a comparé le bruit à celui produit par la foule dans une foire, dans les halles de Paris un jour de grand marché ou encore celui qu’on entend dans les salles du palais avant l’audience, avec, en plus, les sons des violons, des basses, des hautbois, trompettes, flûtes, tambours, etc. Comme un énorme brouhaha avec des notes de musique.

    Alexis Allou, le clerc de la paroisse d’Ansacq, lui, crut qu'un incendie s'était déclenché dans le village d'Ansacq. Il s’est levé précipitamment puis, prêt à sortir, il a entendu "passer devant sa maison une multitude innombrable de personnes, les unes poussant des cris amers, les autres des cris de joie, et parmi tout cela les sons de différents instruments", il fut saisi d’un frisson de peur et a préféré se recoucher.

    Ansacq_(60),_Grande_Rue_1.jpgOn dispose aussi des témoignages similaires des laboureur Nicolas de La Place et Nicolas Portier, et du garçon marchand Antoine Le Roi, qui ont raconté, je recite le curé d’Ansacq : "le bruit était si grand et si affreux que leurs chiens qui étaient couchés dans la cour pour la garde de la maison, en avaient été tellement effrayés que, sans pousser un seul aboiement, ils s’étaient jetés à la porte de la chambre de ladite maison, la mordant et la rongeant comme pour la forcer, l’ouvrir et se mettre à couvert".

    Le curé d’Ansacq mentionne encore de nombreux témoignages qui concordent tous et surtout il avoue sa perplexité. Il n’a aucune explication à avancer pour ce phénomène extraordinaire et donc voudrait bien en obtenir une. Il écrit : "Serait-il possible que tant d’oreilles eussent été enchantées, pour ainsi dire, pour croire entendre ce qu’elles n’entendaient pas ? C’est ce que je ne saurais jamais m’imaginer…»

    Ce qui est intéressant, c’est qu’après la publication du texte du prêtre, un homme de lettres ayant une charge dans la justice de la ville voisine de Clermont racontera que lui aussi, une nuit qu’il traversait le village d’Ansacq pour s’en retourner à Clermont, la ville voisine, il a entendu ce bruit formidable dans le ciel... mais c’était quinze ans plus tôt, en 1715, l’année de la mort de Louis XIV ! A l’époque, il n’avait rien dit de peur qu’on le prenne pour un «visionnaire», une sorte de sorcier voyant.

    Quelle interprétation ?

    Ce n'est pas évident de proposer une explication rationnelle à ce fait de nature merveilleuse. On sait que le concept d’hallucination collective est une vue de l’esprit et les témoins racontent tous peu ou prou la même chose. Il n’y a pas non plus de phénomène météorologique connu qui produise ce genre d’effets.

    C’est d'ailleurs un phénomène assez unique en son genre. Uniquement sonore, puisqu’il n’a pas été accompagné de lumières, d'éléments matériels ou d’odeurs particulières. Une énorme illusion auditive, mais qui semble se déplacer alors que les témoins ne bougent pas… et dont les fréquences terrifient les animaux, au moins les chiens. Mais, une fois le phénomène disparu (d'ailleurs, il ne s'est jamais reproduit), les humains n’ont pas noté de séquelles, de troubles quelconques…

    Le seul rapprochement que je pourrais faire, c’est avec l’illusion sonore des deux Anglaises en 1951 à Dieppe qui avaient entendu toute une nuit le vacarme du raid militaire meurtrier qui s’était déroulé... neuf ans plus tôt (voir mon livre "Affaires Etranges", chapitre 15).
    Est-ce possible que par un mécanisme totalement inconnu, les habitants d’Ansacq aient pu entendre les sons soit d’un événement à distance, soit d’un lointain passé ? Pour ce que l’on en sait, il n’y avait aucun événement aussi bruyant avec autant de monde, en pleine nuit, à des lieues à la ronde? Aucun témoin n'a parlé non plus de vents qui auraient pu porter le son sur une longue distance....
    Alors, les réminiscences d’un événement historique d'un lointain passé ? Une bataille antique ? Mais laquelle mêlerait des rires, des gémissements et de la musique ? Et aussi fort et aussi longtemps ?

    Pour conclure, il faut souligner la démarche rigoureuse de Treuillot de Stoncourt, le curé, qui s’est bien assuré que la plupart des témoins n’entretenait pas de relations entre eux et qu’ils n’avaient pas fomenté une sorte de tromperie pour le ridiculiser, voire se ridiculiser eux-mêmes.
    Et l'homme d'Eglise a pris soin, avant d’envoyer son texte au Mercure de France, de le soumettre à quelques connaissances éclairées et érudites de l’Académie des Sciences. C’est plutôt atypique à une période où l'on met encore les phénomènes inexpliqués sur le dos du Diable. Il invente même un néologisme pour désigner ce phénomène qu’il baptise « akousmène » (l’histoire n’a pas retenu ce terme, on pourrait le réhabiliter).
    Selon lui, les akousmènes sont des phénomènes sonores qui ne peuvent être entendus que dans une zone limitée et que par quelques personnes seulement. En tout cas, comme nous, il n’a pas reçu d’explication satisfaisante sur la nature et la cause de ce phénomène merveilleux.

    Sources :

    • Le Mercure de France, décembre 1730.
    • Revue Spiritualiste, 2ème livraison, 1862.
    • Guide de l'Ile de France Mystérieuse, Les Guides Noirs Tchou, 1968.

    J'ai raconté cette histoire lors d'un live BTLV en avril 2020.

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Les naufragés qui s'ignoraient...

    Imprimer Pin it!

    C'est l'histoire incroyable de deux groupes de naufragés qui ont survécu en même temps, sur la même île, mais en ignorant totalement l'existence l'un de l'autre !

    François_Edouard_Raynal_A.Quinet_BNF_Gallica.jpgCelui qui a raconté cette aventure dans un récit autobiographique est aujourd'hui un peu oublié : François-Édouard Raynal, un navigateur, écrivain et fonctionnaire français. Né le 8 juillet 1830 à Moissac (Tarn-et-Garonne), il a dû exercer divers métiers après la ruine de son père juriste en 1844 : mousse sur un trois-mâts, régisseur de plantation à l'île Maurice à 19 ans, chercheur d'or en Australie à 22 ans, etc. En tout, il a sillonné pendant 23 ans les mers australes avant de revenir en France pour y devenir... fonctionnaire aux impôts.

    Le 12 novembre 1863, Raynal est à bord de la goélette Grafton qui quitte le port de Sydney. Mais son expédition à l'île Campbell s'avère infructueuse : ni mine d'étain argentifère comme escompté, ni phoques. Aussi le navire de 56 tonnes fait route vers les îles Auckland, des terres inhabitées à environ 480 kilomètres au sud de la Nouvelle-Zélande.

    Auckland_islands_topo.pngLe naufrage de la Grafton
    Le 31 décembre 1863, la goélette Grafton entre dans Motu Maha, le détroit des îles Auckland au nord de l'île Adams mais dans la nuit du 2 au 3 janvier 1864, le bateau est drossé contre les rochers du fjord Nord de Carnley Harbour dans la principale île de l'archipel.
    Cinq naufragés réussissent à atteindre la terre ferme et à récupérer quelques objets, des vivres pour deux mois, des armes et un canot. Ils sont tous de nationalité différente : le capitaine américain Thomas Musgrave, le marin norvégien de 28 ans Alexandre McLaren (Alick), le marin anglais George Harris (20 ans), le cuisinier portugais Henri Forgés (23 ans) et le français François Raynal.

    The-crew-of-the-Grafton-Source-Raynal-1892.pngSurvie
    Très vite, les cinq infortunés réalisent que d'éventuels secours ne viendront pas avant plusieurs mois. C'est pourquoi ils entreprennent de bâtir une cabane capable de résister aux ouragans de la zone subantarctique. Ils baptisent cette hutte d'un nom indien, Epigwaitt.
    Pour se nourrir, les naufragés devront se contenter de lions de mer, leur présence ou absence saisonnière décidant des périodes d'abondance ou de disette. Et leur menu sera complété par des oiseaux de mer, des moules et des poissons.
    Sur les îles Auckland, peu d'espèces végétales sont comestibles. Raynal réussira quand même à produire une bière buvable à partir de rhizomes locaux.

    Le capitaine de la Grafton, Thomas Musgrave, va rédiger avec ses compagnons d'infortune une véritable constitution pour régir leur vie de naufragés. La solide expérience de François-Édouard Raynal, qui a été chercheur d'or pendant 11 ans en Australie, se révèle précieuse. Grâce à lui, on réussit à fabriquer du ciment avec des coquillages, du savon et même des bottes et des vêtements en tannant des peaux de phoque. Le même Raynal racontera plus tard les affres endurées à cause des insectes de l’archipel, notamment les mouches noires.

    Délivrance
    Une année passe... Les cinq naufragés doivent se rendre à l'évidence : personne ne viendra les sauver. Ils doivent donc se tirer d'affaire seuls. Raynal convainc alors ses compagnons de construire une barque pontée sur la base du canot de la Grafton.
    Launching-the-Rescue-Source-Raynal-1892.pngPour cela, il s'agit d'abord de construire une forge équipée d'un soufflet en peaux de phoque, pour transformer les pièces métalliques récupérées sur l'épave en divers outils. C'est Musgrave qui fera les voiles à partir de celles récupérées sur les restes de la goélette.

    La barque est achevée mais elle ne peut contenir que trois des cinq naufragés. Finalement, le 19 juillet 1865, un an et demi après le naufrage, Musgrave, Raynal et Alick quittent l'île sur leur embarcation de fortune et parviennent au prix d'une traversée très périlleuse à rallier l'île Stewart à 450 km au nord. De là, ils peuvent rejoindre Invercargill au sud de la Nouvelle-Zélande et à peine arrivés, le capitaine Musgrave pilote lui-même l'expédition de sauvetage à bord d'un petit navire, le Flying Scud. Il arrive à temps pour sauver les deux autres naufragés d'une inanition inexorable.

    Thomas_G._Purvis_-_Invercauld.jpgLes "autres"
    Mais le plus extraordinaire sans doute, dans cette histoire, c'est que quatre mois après le naufrage de la goélette Grafton aux îles Auckland, un autre navire, l'Invercauld avait aussi fait naufrage mais... à l'autre extrémité !
    Le 11 mai 1864, l’Invercauld s'échoua sur les rochers de la pointe nord-est de la même île Auckland. Des vingt-cinq membres de l'expédition, six se noyèrent.
    Les survivants s'en tirèrent moins bien que ceux de la Grafton. Des dix-neuf naufragés restants, trois seulement furent recueillis vivants le 20 mai 1865 par le brick espagnol Julian qui les conduira à Valparaiso, au Chili. Auckland2.jpgIls furent donc sauvés trois mois avant les 5 naufragés de la Grafton par un navire que ces derniers ne virent jamais !

    Et ce qui laisse stupéfait, c'est que, malgré les 12 mois passés en commun sur l'île, les deux groupes de naufragés, qui ignoraient leur existence réciproque, n'ont jamais établi de contact entre eux, alors qu'ils étaient séparés d'à peine... une vingtaine de kilomètres !

    Postérité
    D'autres naufrages eurent lieu sur les îles Auckland, comme celui du Général Grant en mai 1866: sur les 25 membres d'équipage et 58 passagers, dix survivants seront ramenés par le Amherst en novembre 1867.
    Le capitaine de la Grafton, Thomas Musgrave, racontera son aventure en 1866 sous le titre "Castaway on the Auckland Isles" et François-Edouard Raynal fera de même en 1870 dans un livre intitulé "Les Naufragés, ou Vingt mois sur un récif des îles Auckland".
    FMIB_50706_Remains,_of_the__Grafton__Wreck,_Carnley_Harbour,_Auckland_Islands.jpgRécompensé par un prix de l'Académie française en 1874, le récit de Raynal est devenu, jusqu'à la Première guerre mondiale, le livre préféré des distributions de prix en fin d'année scolaire. Il a été réédité à de nombreuses reprises depuis.

    Revenu sur la terre ferme pour y occuper un poste dans l'administration fiscale, Raynal s'éteindra le 28 avril 1898 à Valence d'Agen.

    Du naufrage lui-même, il reste des noms aux îles Auckland : la baie Musgrave, le mont Raynal (644 m) et la pointe Raynal au sud d'Epigwaitt... Dans les collections du Museum of New Zealand à Wellington se trouvent des photographies (dont celles en noir et blanc qui figurent sur cette page), un morceau de la quille et deux boîtes.
    Wreck 1.JPGF.E. Raynal a également offert divers objets à la bibliothèque de Melbourne : une paire de bottes en peau de phoque, une aiguille à voile en os d'albatros, des soufflets de forge en peau de phoque. Enfin, une plaque commémorative a été apposée dans une rue du quartier Saint-Benoît de Moissac.

    Jules Verne
    Ce qu'on sait moins, c'est que le romancier scientifique français s'est inspiré du récit de Raynal pour son roman "L'Oncle Robinson" écrit en 1872-1873, d'abord refusé puis repris sous le titre "L'Île mystérieuse" en 1874. Raynal y est mentionné et les naufragés de l'air de Jules Verne sont cinq et de nationalité différente comme les naufragés de la Grafton...

    Le naufrage raconté dans le Sydney Mail du 7 octobre 1865

    Map-of-the-Epigwaitt-site-showing-the-on-shore-fragments-of-the-Graftons-hull-The-main.png

    The-section-of-the-Grafton-hull-found-on-the-beach-in-2002-Scale-05-m-Photo-Peter.png
    Les restes de l'épave de la Grafton en 2002

    Crédits photos noir et blanc :

    Wreck of Grafton, Epigwaitt, Auckland Islands, circa 1888, Auckland Islands, by William Dougall, Burton Brothers studio. Purchased 1943. Te Papa (C.010536)

    The site of Epigwaitt hut, c. 1907, taken during the Canterbury Philosophical Institute's Scientific Expedition to the Auckland Islands in 1907. Source: Auckland Weekly News, 2 January 1908; Sir George Grey Special Collections, Auckland Libraries, AWNS-1908010215-1.

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Rencontre du 3ème type... en 1920 ?

    Imprimer Pin it!

    C'est l'ufologue Joël Mesnard, éditeur entre 1988 et 2014 de la revue Lumières dans la Nuit, qui a rapporté ce témoignage étonnant. En 1973, il a recueilli en Dordogne le récit de Mesdames Louise Talbot et Marie Boussarie. 53 ans plus tôt, en 1920, ces deux personnes étaient les soeurs Grasset et elles ont vécu une aventure dont elles ont conservé un souvenir vivace.

    Si la date précise s'était perdue dans les limbes de leur mémoire, elles se souviennent que c'était de nuit à la belle saison, certainement un samedi ou un dimanche soir. Avec d'autres jeunes gens de leur âge, elles revenaient d'un bal de campagne et rentraient chez elles, au lieu-dit La Boucherie.

    Les deux soeurs ont rappelé à Joël Mesnard qu'à l'époque, il y avait encore beaucoup de jeunes dans les campagnes et que les soirs de bal étaient une distraction très prisée. Dans les zones isolées de Dordogne, les véhicules motorisés étaient très rares, donc tout le monde circulait à pied, le long de petites routes semblables à des chemins.

    La Lègerie 2.JPGLes deux soeurs Grasset marchaient donc la nuit avec quelques autres amis. Ils se trouvaient entre Samoulies (ou Chamouilley) et la Lègerie, près de Nontron.
    Peu avant de rejoindre La Lègerie, le petit groupe s'engagea dans une côte quand soudain, dans le ciel au-dessus d'un bois, à une distance que les soeurs estimèrent entre cent et deux cent mètres, les jeunes gens assistèrent à un spectacle hors du commun : plusieurs créatures de petite taille se déplaçaient dans les airs, et émettaient des sonorités musicales. Comme l'on dit les deux soeurs, on voyait "leurs petites jambes qui bougeaient... Elles étaient environnées de boules lumineuses et de lueurs donnant à l'ensemble un aspect féerique".

    Joël Mesnard précise qu'il n'a pas été possible, en 1973, de retrouver les autres témoins. Selon lui, la jeune Louise, âgée de 16 ans, n'a pas prêté plus d'intérêt que ça à l'apparition. Mais sa soeur Marie, "plus imprégnée d'éducation religieuse", l'aurait interprétée comme une apparition angélique.

    Mon commentaire

    C'est un témoignage intéressant car les observations de phénomènes aériens inconnus sont très rares dans les années 1920. Joël Mesnard lui-même avait rencontré un témoin sur une affaire de... 1919 (le témoin avait 13 ans à cette époque, 67 ans en 1973). Certes, il est question de boules lumineuses. Pour autant, peut-on vraiment parler d'ufologie ? Hormis les énigmatiques créatures, les témoins n'ont pas vu d'objet volant s'apparentant de près ou de loin à un ovni.

    Etang La Lègerie.JPGSur le témoignage lui-même, il est forcément lacunaire au regard du grand âge des témoins qui racontent une histoire survenue 53 ans plus tôt... Les détails font défaut : combien de temps a duré l'observation ? Les témoins ont-ils tous vu la même chose ? Se sont-ils approchés ? Avaient-ils bu à la soirée de bal ? A l'époque, avaient-ils une bonne vue ? etc.
    Les deux soeurs affirment avoir vu les "jambes des petites créatures", de nuit, à une distance supérieure à cent mètres. Est-ce plausible ? Les "créatures" en question ne faisaient-elles pas des mouvements ondoyants laissant imaginer qu'elles avaient des "jambes" ?

    Sur la zone, quelques précisions après vérification sur Google Maps : la "rencontre" se serait faite en réalité entre les lieux-dits Les Simoulies et la Lègerie, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Nontron. Nous sommes sur le territoire de Pensol, en Haute-Vienne. Il y a bien un chemin entre ces deux petits hameaux. Les deux soeurs rentraient chez elles plus au sud à la Bucherie (et non à la Boucherie). Cela n'apporte pas grand chose à l'interprétation, j'en conviens, juste un peu de précision.
    En revanche, sur la carte de la zone, j'ai remarqué la présence entre Les Simoulies et la Lègerie de deux étangs, dont l'un est longé par le chemin qu'ont emprunté les deux soeurs.

    J'émets donc l'hypothèse, et cela ne reste qu'une hypothèse, que les deux soeurs et leurs amis auraient peut-être vu, non pas des créatures féeriques mais simplement... des feux follets.

    Tulilautta3.jpgDécrit depuis longtemps (mais peu étudié et très rarement filmé), le feu follet est une manifestation lumineuse, due à l'émanation de gaz et ayant l'apparence d'une petite flamme sans fumée qui ne brûle pas son environnement. C'est le plus souvent une lueur pâle de couleur bleutée, parfois jaunâtre ou vermillon, en forme de flammèche qui flotte dans l’air à une faible hauteur au-dessus du sol ou de l’eau. La lumière semble vacillante et diffuse, ce qui peut évoquer une forme de vie. Certains feux follets durent quelques dizaines de secondes, et très rarement plusieurs minutes. Dans l'imaginaire populaire, ce seraient des esprits malins ou des âmes en peine venues hanter les forêts désertes, les cimetières... et les marécages.

    Et justement, les feux follets ont été souvent observés autour des marais. Comme ceux situés entre les deux lieux-dits. A supposer que les deux soeurs aient observé en réalité des feux follets, ils resteraient à expliquer les sonorités musicales qu'elles affirment avoir entendu.
    Car, dans l'état de nos connaissances, les feux follets sont silencieux...

    Source : Joël Mesnard, Les apparitions d'ovnis, Le Mercure Dauphinois, 2016, p. 200

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • L'étrange station-service de l'I29 (Missouri)

    Imprimer Pin it!

    Avez-vous déjà ressenti dans un lieu une sensation très désagréable, au point d'interrompre tout de suite ce que vous faisiez et de décamper sans demander votre reste ? Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit et c'est arrivé à Dave Carter, un habitant d'Omaha dans le Nebraska en juillet 1992.

    Avec sa femme et ses enfants, il rentrait en voiture de Kansas City vers Omaha, par l'I-29, un périple de trois heures environ. Il était tard dans la nuit, vers deux heures du matin.
    main-qimg-755489ed1bb4a4128a6fa5b3b2d537d8.jpgObligé de faire le plein d'essence, Carter décida de s'arrêter au seul endroit qui était ouvert à cette heure. C'était une station-service isolée au milieu de l'obscurité la plus complète, à peine éclairée par les néons au-dessus des pompes. Hormis cela, l'endroit semblait parfaitement normal. 

    Dave Carter fit le plein de son réservoir et entra à l'intérieur de la station pour payer et s'acheter un café. Mais au bout de deux minutes à peine, il ressentit une énorme envie de partir. Il n'avait jamais eu ce sentiment auparavant pour que quoi que ce soit. Il eut l'impression fugace que son destin pouvait être bouleversé de manière imminente s'il ne partait pas immédiatement. Puis il se sentit presque repoussé à l'extérieur. Dave racontera ensuite qu'il avait failli partir sans payer et que sa transaction avec le caissier lui avait paru durer une éternité. 

    main-qimg-91212f1095fd79549fb2316d7a09327f.jpgTrès mal à l'aise, Carter regagna sa voiture où l'attendaient son épouse et ses gamins. Sa femme lui dit alors qu'elle avait envie d'aller aux toilettes et il n'eut pas le temps ni de lui raconter son expérience ni de la retenir. 
    Quelques minutes plus tard, Carter la vit revenir beaucoup plus vite que prévu et à l'évidence, elle paraissait effrayée. Elle avait ressenti exactement la même impression que son mari ! Ce désir irrépressible de fuir cet endroit..
    Sans attendre, Carter prit le volant et quitta la station-service en coup de vent. Alors que les enfants dormaient à l'arrière, Dave Carter et son épouse restèrent éveillés durant tout le reste du trajet.

    Quelque temps plus tard, alors qu'il roulait de jour vers Kansas City, Carter passa à hauteur de la station-service mais n'osa pas s'y arrêter. Mais il vit quelque chose qui était demeuré dans le noir, sur un coteau au-dessus de la station service : un vieux cimetière...

    Quelques vérifications :

    En prenant comme base les indications lacunaires données par Dave Carter, il m'a fallu du temps pour retrouver les lieux sur Google Maps. Suivre l'I29 entre Kansas City et Omaha, c'est long... presque 300 km !
    Finalement, le site est apparu sur la carte : il s'agit du cimetière Mount Hope, situé à Fairfax dans le comté d'Atchison (Missouri). C'est un vieux cimetière qui date des années 1845-46, la période où fut fondée la bourgade de Fairfax. Impossible de trouver d'autres informations sinon que le site regroupe des tombes très anciennes et on peut imaginer qu'il s'y trouve également des tombes indiennes. Peut-être existe-t-il une ou plusieurs légendes locales sur ce lieu mais je n'ai rien trouvé à ce propos.

    En ce qui concerne la station-service de 1992, de toute évidence, elle n'existe plus. Google Maps ne permet pas de s'en approcher mais les vues satellites comme certaines photos prises depuis le cimetière montrent que l'endroit est désaffecté et sert d'espace pour stocker des pneus. Quelqu'un habite-t-il sur place ? Peut-être, on distingue des véhicules sur les vues aériennes. S'il vous prend d'aller faire un tour là-bas et de rencontrer les locaux, tenez-moi au courant... si vous revenez !

    CEM46877951_121778953710.jpg

    Des photos du cimetière : pas très engageant... La nuit, ça doit être quelque chose...

    Une dernière anecdote : dans un champ de soja à quelques kilomètres de la station-service, on a découvert en 2000 une météorite très rare, qui porte désormais le nom de météorite de Milton.

     

     

    Une vidéo qui montre le trajet entre Omaha et Kansas City 

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • La disparue qui se cherchait elle-même

    Imprimer Pin it!

    En août 2012, c'est une péripétie étonnante qu'a vécu un groupe de touristes en excursion en Islande. Ces voyageurs étaient partis visiter en bus les hautes terres du sud de l'île. En fin de journée, ils ont fait halte à proximité du canyon volcanique Eldgja.

    Là, l'une des femmes asiatiques du groupe est descendue du bus pour s'isoler afin de se changer et de se rafraîchir puis elle a repris sa place.
    Sauf qu'à son retour, pour une raison inexpliquée, aucun de ses compagnons d'excursion ne l'a reconnue.
    Tous les touristes ont alors pensé que la femme qui avait quitté le bus avait disparu.

    1297305313062_ORIGINAL.jpgTrès vite, la nouvelle de la disparition d'une passagère s'est répandue et l'organisateur a fait un appel en donnant une description de la personne en question.
    Et là, autre phénomène incroyable, la femme n'a pas reconnu sa propre description et elle s'est jointe sans se faire prier au groupe de recherches qui fut vite mis en place !

    C'est ainsi qu'une bonne cinquantaine de personnes ont passé des heures, la nuit tombée, à chercher la "disparue" à pied et avec quelques véhicules. Chaque recoin de terrain a été examiné sans relâche et il a même été envisagé de recourir à un hélicoptère doté d'un puissant projecteur.

    Finalement, on ne sait trop qui s'en rendit compte (peut-être quelqu'un qui avait eu enfin l'idée de compter les touristes?), mais vers 3 heures du matin, les recherches furent interrompues lorsqu'il devint évident que la femme disparue faisait en fait partie des volontaires... et se cherchait elle-même.
    Il arrive que l'on voyage pour trouver son moi profond, mais de là à se chercher soi-même dans la nature au sens propre du terme...

    Source : Le Toronto Sun, 28 août 2012

    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Non, Dean Koontz n'a pas prédit le Coronavirus... et Astérix non plus !

    Imprimer Pin it!

    Les faits
     
    Depuis la mi-février, de nombreux internautes relaient sur les réseaux sociaux des extraits d'un roman de Dean Koontz de 1981 intitulé "Les yeux des ténèbres". Dans ce livre, l'auteur imagine l'apparition d'un virus capable d'anéantir toute l'humanité.
    Ce qui a retenu l'attention des internautes, c'est le nom du virus: Wuhan-400. (Wuhan est, pour rappel, le berceau du coronavirus COVID-19 qui sévit actuellement sur la planète et qui a fait 2981 morts au 29 février 2020).
    Une autre constatation relayée par les réseaux : lorsque le livre a été publiée en 1981, le virus ne portait pas ce nom, il s'appelait "Gorki-400". Il a donc été modifié à l'occasion d'une réédition en 2020. Enfin, dernière coïncidence : une phrase d'une autre page semble indiquer que le virus du roman aurait envahi la Terre "aux alentours de 2020".
     
    Darren.PNGCette rumeur a été lancée en premier, semble-t-il, le 16 février 2020 sur Twitter par un certain Darren de Plymouth.
    Le même jour, un leader du Congrès indien, du nom de Manish Tewari, a cité le roman (comme une source d'information ??) pour soulever l'hypothèse que le virus serait une arme biologique des Chinois... (lire ici)
     
    Ce que j'en pense
     
    Ayant lu pléthore de romans de Dan Koontz dans les années 80/90, j'ai été forcément intrigué par cette rumeur. Et autant le dire tout de suite, cette "révélation" ne tient pas la route. 
     
    ERqDkLcUwAA10tj.jpgDeux textes qui n'ont rien à voir
    Commençons par la page qui parle de 2020... On y voit un passage entouré en orange : "In around 2020 a severe pneumonia-like illness will spread throughout the globe, attacking the lungs and the bronchial tubes and resisting all known treatments.”
    Il faut être vraiment myope ou de mauvaise foi pour voir que ce texte n'a rien à voir avec le roman de Koontz : la typo des caractères est différente et surtout on s'aperçoit tout de suite que ce n'est pas un texte de fiction, mais un essai.
    En fait, ce passage provient du livre "End of Days: Predictions and Prophecies About the End of the World" écrit en 2009 par une médium du nom de Sylvia Browne. Celle-ci a t-elle prédit l'arrivée du coronavirus ? Peut-être mais ce genre de prédiction catastrophique est largement répandu dans les livres de "prédictions"... et peut s'appliquer à bien des événéments. En cherchant bien, on doit pouvoir trouver des messages similaires chez Nostradamus. Peu importe, le fait est que cette page n'a absolument rien à voir avec le roman de Koontz, ce qui n'a pas empêché de petits malins de laisser croire que c'était une seule et même source.
    Revenons maintenant au roman "Les yeux dans les ténèbres". Notons d'abord que Koontz n'est pas le premier, ni le seul à écrire une histoire contenant un virus mortel pour l'humanité. D'autres que moi auront peut-être envie de faire la recherche, mais il n'est pas exclu qu'il existe plusieurs romans d'anticipation avec des similitudes encore plus troublantes.
     
    Le nom Wuhan-400
    Certes, Koontz a bien écrit un roman dans lequel il décrit un virus qui s'appelle Wuhan-400. Et lorsque le livre a été publié en 1981, le virus ne portait pas ce nom, il s'appelait "Gorki-400".
    Etrange ? Pas tant que ça, lorsqu'on sait que la première version de 1981 fut publiée sous le pseudonyme de Leigh Nichols en pleine guerre froide et que le "méchant d'en face" était russe.
    Ensuite, la première réédition sous le nom de Dan Koontz ne date pas de 2008 comme on le voit indiqué partout, mais de 1989 (source Reuters) et la première mention du nom Wuhan-400 de 1996... 
     
    1eye.jpgSeul le romancier lui-même pourrait nous expliquer la raison de son choix et Reuters, notamment, cherche à le joindre à l'heure où j'écris ces lignes.
    Mais je suis prêt à parier qu'à l'occasion de cette réédition sous son vrai nom, Koontz a fait une révision de son roman. Et la Guerre Froide s'évaporant, il a fait comme tous les romanciers et scénaristes américains de l'époque, il a changé de "méchant". Et donc il a réorienté l'intrigue vers la Chine. Lorsqu'il a fallu trouver un nom chinois au virus, il a dû regarder quelle grande ville était réputée pour ses laboratoires et il est peut-être tombé sur Wuhan dont le fameux institut de virologie existe depuis 1956... En plus, Wuhan, d'un point de vue de romancier, franchement, ça sonne pas mal.
     
    Pas tant de similitudes que ça
    Si l'on regarde en détail ce que raconte Koontz, en fait "son" virus n'est pas si ressemblant que ça avec le Covid-19. Contrairement à ce dernier qui a surgi en décembre 2019 sur un marché de Wuhan où se font des ventes illégales d'animaux sauvages, le virus imaginé par le romancier américain a lui été créé en laboratoire par des communistes chinois pour éradiquer leurs opposants politiques.
     
    D'autres différences existent entre la réalité et le virus du roman, comme par exemple le temps d'incubation (4 heures dans le cas du virus de fiction, 14 jours au moins pour le coronavirus) ou bien son taux de mortalité (quasi 100% pour le virus Wuhan-400, de 2 à 3% pour le vrai coronavirus) ou sa transmission inter-espèces (juste chez les humains dans le roman, d'une chauve-souris probablement vers l'homme en réalité).
    Idem pour les effets : le virus de Koontz libère une toxine qui dévore les tissus du cerveau, alors que le Covid-19 déclenche fièvre, toux et difficultés respiratoires pouvant aller jusqu'à la pneumonie et troubles sévères de la respiration.
     
    Je vois bondir d'ici les complotistes (qui, le plus souvent, ne savent même pas faire la différence entre une virus et une bactérie) persuadés contre vents et marées que c'est une arme biologique sortie volontairement ou non du fameux laboratoire P4 de Wuhan. L'OMS a déclaré officiellement lors d'une conférence de presse que le virus venait d'un animal et qu'il n'y avait aucune preuve qu'il était issu d'un laboratoire. On révisera notre jugement si de nouveaux éléments sont produits prochainement pour ou contre cette théorie.
    Au passage, je ferai remarquer que si le Covid-19 était une arme biologique sortie d'un laboratoire, il a été conçu par des amateurs parce que son efficacité est quand même limitée...
     
    Et Astérix dans tout ça ?
     
    Coronavirus Astérix.jpgDans la même période, des internautes ont trouvé dans la BD d'Astérix de 2017 intitulée "Astérix et la Transitalique" qu'un pilote de char romain s'appelait Coronavirus. Et ils y voient donc une autre "prédiction" de l'arrivée du virus.
    Apparemment, ces mêmes internautes doivent s'informer dans Closer ou sur la chaîne Youtube de Norman pour ne pas avoir le moindre grain de bon sens. Le terme de coronavirus existe depuis des décennies, on ne vient pas de l'inventer.

    Si je suis le scénariste d'Astérix et que j'ai besoin de trouver de nouveaux noms de personnages à consonance gauloise ou romaine (finissant par "ix" ou par "us"), je vais chercher parmi tous les termes existants et forcément je vais tomber sur "coronavirus", un terme qui d'ailleurs avait été médiatisé en 2003 ou en 2010 lors de l'affaire du H1N1 (des années avant la publication de la BD). Donc rien de stupéfiant à ce que le terme, un peu par hasard, se retrouve au détour d'une page des aventures de nos valeureux Gaulois.
     
    Conclusion

    Dean Koontz a bien imaginé un virus qui s'appelle "Wuhan-400" mais sa description a très peu à voir avec le coronavirus actuel. S'y ajoutent une connexion avec un autre texte qui n'a rien à voir et des similitudes qui n'en sont pas vraiment... 
    Bref, la soi-disant prédiction n'en est pas une, tout au plus une forme de coïncidence et ne mérite pas qu'on s'y attarde davantage.
     
    Statut : expliqué.
     
    Important : ce texte est sous copyright. Vous pouvez publier un lien dirigé vers cette page, mais il est formellement interdit de reproduire l'article sans l'autorisation de l'auteur.

  • Non, des aliens n'ont pas guéri des enfants cancéreux en Andorre !

    Imprimer Pin it!

    On m'a remonté cette histoire bizarre selon laquelle des entités venues d'ailleurs auraient obtenu la guérison d'enfants en phase terminale de cancer dans un hôpital d'Andorre, entre la France et l'Espagne.
    Des rumeurs circuleraient, notamment aux Etats-Unis à ce propos... Qu'en est-il vraiment ?

    Lire la suite

  • Mystères des Alpes du Sud : Un fantôme rôderait-il autour du lac de Serre-Ponçon ?

    Imprimer Pin it!

    Amédée, c'est sous ce nom qu'on connait l'homme du lac dans la région. Depuis les années 80, la police recevrait les signalements de touristes disant l’avoir aperçu sur les berges du lac de Serre-Ponçon dans les Alpes du sud. Pourtant, l'homme est décédé depuis la fin des années 60...

    Lire la suite

  • Conférences/dédicaces 2019 : c'est bientôt !

    Imprimer Pin it!

    Après mes nombreuses sorties en 2018 (salons, une vingtaine de conférences..), l'année 2019 devrait être plus calme. Il me faut du temps pour me lancer à nouveau dans l'écriture !
    Pour autant, je vais quand même faire quelques conférences et/ou dédicaces.
    Voici mon agenda avec les dates connues à ce jour :  

    • 16/03 : dédicace au Salon du Livre de Paris terminé
    • 11/05 : Symposium Ufologique à Bastia (Corse) terminé
    • 1-2/06 : Rencontres du Mystère et de l'Inexpliqué (BTLV) à Marignane terminé
    • 14/06 : Conférence au Repas Ufologique de Tours terminé
    • 14-15/09 : Salon du Paranormal de Dijon terminé
    • 18/09 : conférence à Coudekerque-Branche, près de Dunkerque terminé

    et vous pouvez aussi me retrouver tous les mois sur BTLV !

  • Conférences/dédicaces 2018 : c'est fini !

    Imprimer Pin it!

    Dans la foulée de la parution de mon nouveau livre "Affaires étranges", le 29 mars 2018, je prévois plusieurs déplacements pour venir vous le présenter et échanger avec tous les passionnés d'insolite et d'étrange.

    J'actualise régulièrement cet agenda et j'espère vous croiser bientôt sur la route !  :-)

    Lire la suite